Le fleuve Anduin dans « La communauté de l’anneau » incorpore 4 rivières différentes dont la Rangitikei River près de Taihape. Jeune rivière en termes géologiques, la Rangitikei a sculpté de grandes falaises abruptes le long de son chemin vers la Mer de Tasman. Le lieu de tournage se trouve près du plus haut bungy jump de l’île du Nord.
Les Fleuves Anduin & Rohan – Hutt River
La Hutt River voyage sur 30 km depuis le Sud des Tararua Range pour se jeter dans la mer à Petone.
Près du Poet’s Park, les barques elfiques de la Communauté sont lancées sur la rivière.
La scène où Aragorn est rejeté sur le rivage après l’attaque des Wargs en Rohan a également été filmée sur la Hutt River.
L’Argonath – Kawarau River
Sur la route qui conduit à Queenstown se trouve de spectaculaires vues sur le fleuve Anduin et l’Argonath, aussi connu comme la Porte des Rois ou les Piliers des Rois en Sindarin. Bien que ces derniers ont été ajoutés par ordinateur de chaque côté de la rivière, le lieu est immédiatement reconnaissable.
Le Cours d’Argent – Mararoa River
Le débouché de la Mararoa River au-dessus du pont tournant à South Mavora a été utilisé pour représenter la jonction entre le Cours d’Argent (qui traverse la Lorien) et le fleuve de l’Anduin, lorsque la Communauté quitte la Lothlorien.
Anduin – Waiau River
Navigant du lac Te Anau au lac Manapouri, la Waiau River a servi pour représenter une partie du majestueux fleuve Anduin. Ses rives parsemées de buissons touffus illustrent parfaitement la première partie du voyage sur le fleuve entrepris par la Communauté, cherchant à atteindre les Terres Brunes, région désolée entre Mirkwood et l’Emyn Muil.
Les Terres Brunes sont une région désolée sur les rives de l’Anduin, à hauteur des deux grands méandres qu’il forme à hauteur de la forêt de Fangorn. Elles étaient jadis les jardins qu’avaient établis les Ents-femmes après qu’elles eurent quitté leurs époux vivant dans Fangorn. Lorsque Sylvebarbe et ses congénères traversèrent l’Anduin pour revoir leurs femmes, leurs jardins étaient dévastés et elles-mêmes avaient disparu, suite à la Guerre de la Dernière Alliance (Sauron avait détruit les demeures des Ents-femmes pour ralentir l’avancée de Gil-galad et Elendil).
Nous partons d’Ohakune le 06 décembre, et avant de filer droit vers Masterton, nous remontons un peu vers la côte Est, pour nous rendre dans la petite commune de Porangahau, située au bord de l’océan.
En chemin, nous prenons le temps de remonter sur quelques kilomètres le fleuve Rangitikei près de Taihape car celui-ci a servi de décor pour le film du Seigneur des Anneaux. Le long de son trajet vers la mer de Tasman, il a sculpté d’immenses falaises offrant un superbe décor. Nous passons devant le site du bungy jump le plus haut de l’Ile du Nord puis après un moment d’hésitation (la vue est magnifique mais le prix beaucoup moins !) nous reprenons la route.
Nous faisons ensuite une courte halte dans la petite ville de Dannevirke, ancienne colonie danoise, qui nous accueille avec un « magnifique » viking sculpté.
Nous arrivons au camping de Porangahau, tout aussi vétuste que charmant, en fin d’après-midi. Le temps de s’installer et nous filons sur la plage pour avoir une nouvelle vue sur l’océan Pacifique.
Le lendemain nous reprenons la route en direction du district de Wairarapa. Le temps n’est pas idéal et il y a énormément de vent mais ça n’est pas très important puisque nous sommes en voiture. Nous serpentons sur une centaine de kilomètres à travers les collines si caractéristiques de la Nouvelle-Zélande, toujours parsemées de milliers de moutons.
C’est tout de même fou le nombre de moutons qu’il y a dans ce pays ! Nous ne faisons qu’une pose durant notre trajet, afin de voir le plus long panneau du monde, celui de Taumata (pour voir le nom complet rendez-vous plus bas), indiquant une colline nommée d’après un mythe maori.
Nous arrivons au camping de Masterton en début d’après-midi, puis nous repartons aussitôt vers Greytown pour nous rendre dans un petit village reconstitué, où l’imprimerie à l’ancienne fonctionne encore. L’atelier est petit mais comporte 5 presses différentes et le volontaire qui en est le gardien est tellement enthousiaste que nous restons parler avec lui plus d’une heure.
Il nous montre le fonctionnement de chacune, nous fais imprimer des cartes et nous parlons de l’imprimerie à travers les âges. Alex est évidemment très intéressé par la pratique ainsi que par la quantité astronomique de caractères d’imprimerie disponibles ici !
Nous finissons la journée dans l’une des 4 usines du pays qui conçoit des bijoux et souvenirs en paua, coquillage très célèbre de Nouvelle-Zélande. L’espèce Haliotis Iris est la plus rependue et la plus connue. La coquille est noire et son intérieur est parsemé d’ondes aux reflets arc-en-ciel dont le bleu et le gris sont les couleurs dominantes. Ce coquillage a toujours été utilisé par les Maoris pour rendre plus vivants les yeux des statues.
Nous consacrons notre dernier jour à la visite du sanctuaire d’oiseaux du Mt Bruce. Depuis de nombreuses années maintenant, le sanctuaire a pour vocation de réinsérer des espèces menacées dans leur milieu naturel. Pour cela, les rangers récupèrent les œufs dans la nature puis lorsque les petits sont assez forts pour se défendre contre les prédateurs (ici les rats, les furets, les chiens et les chats), ils sont relâchés dans leur habitat.
Cela varie d’une espèce à l’autre, pour les kiwis par exemple, il faut attendre environ 6 mois. Ainsi pour notre plus grand bonheur, nous pouvons observer, écouter et approcher de très près des oiseaux endémiques très rares… Que d’excitation !
Le très célèbre kiwi est bien-sûr de la partie : une maison nocturne nous permet de voir les bébés (dont certains sont déjà bien gros !) s’activer à la recherche de leur nourriture, et dans le laboratoire, nous assistons à la pesée quotidienne du dernier sorti de l’œuf, Turbo, qui a 22 jours. Pour les fêtes de fin d’année, le sanctuaire accueillera normalement 4 nouveaux bébés et pour l’instant, les œufs sont bien au chaud dans des couveuses.
Ce sanctuaire est également connu pour son petit protégé : Mapuna, le kiwi blanc. Né en 2011, celui-ci n’est pas albinos. Ses parents lui ont en fait transmis tous les deux un gêne récessif, ainsi qu’à ses deux autres frères, ce qui leur a donné un beau plumage blanc. Des trois il est le seul à ne pas avoir été réintroduit en raison d’une maladie aux yeux. Le sanctuaire depuis récolte des fonds pour le soigner (opérations couteuses) et aux dires des soigneurs, la guérison est en bonne voie. Nous n’avons pas vu ses yeux de près, mais à sa corpulence et à sa vivacité, nous avons pu voir qu’il se portait très bien !
Nous découvrons également deux espèces de perroquets : le kakariki et le kaka. A l’origine, il ne restait plus de kaka dans la forêt du Mt Bruce, puis les rangers en ont réintroduit une dizaine et ils sont maintenant plus de 200. Leur population varie en fonction des migrations et ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres avant de revenir ici.
Leur plumage semble brun foncé mais lorsqu’on se rapproche, il est possible de voir du rouge et du jaune éclatants. Le kaka pousse de nombreux cris dont certains se rapprochent du grognement ce qui est très surprenant.
Nous rencontrons également une jeune femelle kokako très amicale. Lorsqu’elle ne fait pas de petits sons, elle produit un sifflement semblable à celui du loup dragueur de Tex Avery ! Venant d’elle c’est trop mignon. Nous produisons un sifflement semblable pour attirer son attention et à notre grande surprise elle vient juste devant nous pour siffloter et parler !
Elle répète plusieurs fois « koukakouuuuuu » et semble vouloir communiquer avec nous. Nous passons un agréable moment à papoter avec elle. Cela me rend toutefois un peu triste car elle est en cage et seule, mais selon le personnel elle n’est pas assez forte pour être relâchée et elle n’accepte aucun partenaire. Tout comme les kiwis et bon nombre d’oiseaux, une fois le partenaire choisi c’est pour la vie. Dans la forêt, nous voyons également des stitchbird, des tui ainsi qu’un kereru (gros pigeon) et le sanctuaire abrite aussi des tuatara (reptiles) et des énormes anguilles, plus gros poisson endémique de Nouvelle-Zélande, aujourd’hui menacé par l’homme (pêche commerciale, destruction d’habitat et pollution).
Pour finir, nous pouvons observer un couple de takeha depuis la terrasse du centre, oiseau grassouillet au robuste bec, dont l’aspect est proche de celui du pukeko, aujourd’hui extrêmement menacé puisqu’il n’en reste que 250 au monde. Nous passons donc une journée forte en émotions et très instructive que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Demain, nous traverserons la région viticole de Martinborough avant de rejoindre la pointe Sud de l’Ile du Nord au niveau du Cape Palliser.
Taumata (Hawkes Bay)
Taumatawhakatangihangakoauauotamateaturipukakapikimaungahoronukupokaiwhenuakitanatahu, ou simplement Taumata, est une colline de Nouvelle-Zélande située sur l’Ile du Nord et culminant à 305 mètres d’altitude. Elle est connue pour son nom qui est l’un des plus longs du monde avec 85 lettres.
Son étymologie repose sur une légende maori mettant en scène l’ancêtre maori Tamatea : « Le sommet où Tamatea, l’homme aux gros genoux, qui dévalait, avalait et grimpait des montagnes, le marcheur invétéré, joua de sa flûte à un être cher ».
Wairarapa District
La région de Wairarapa s’étend à l’Est de Rimutaka et Masterton en est la ville principale.
Les premiers Européens à s’y installer réellement arrivent en 1854. La ville doit son nom à un certain Joseph Masters, fondateur de Wairarapa Small Farm Association. Le développement tardif de la région est dû au barrage que forme la Rimutaka Range à l’Est de Wellington. Une route est ouverte dans les années 1950, suivie par le rail quelques décennies plus tard, un tunnel ayant été creusé à travers la montagne.
Masterton
Masterton, cité de 23 000 habitants, est la plus importante de la région de Wairarapa. Elle est surtout réputée pour son concours annuel de tonte de moutons, le Golden Shears Championship, une compétition internationale très courue. Les « shearers » les plus performants tentent de remporter la couronne de roi de la tonte.
Carterton
La ville est construite dans les années 1850 pour abriter les ouvriers qui travaillent sur le chantier de la SH2 reliant Masterton à Greytown. La ville compte aujourd’hui près de 4500 habitants et depuis 1995 elle est la capitale de la jonquille.
Martinborough
Martinborough est le centre d’une région viticole prometteuse et un lieu agréable pour séjourner.
Cette ville de 1500 habitants est fondée en 1881 par John Martin qui décide de construire les 8 rues du Square en forme du drapeau de l’Union Jack. Les noms des rues du village font référence à ses nombreux voyages.
A lui seul, le village compte désormais plus d’une vingtaine de vignobles, la plupart produisant du pinot noir. La visite de ces vignobles est l’activité phare de Martinborough.
La région de Wellington occupe la pointe la plus méridionale de l’Ile du Nord et commence au Sud de Levin pour s’arrêter à la limite naturelle de l’Ile, la mer.
Bordée par la mer de Tasman et l’Océan Pacifique, elle comprend également l’île de Kapiti, la forêt de Rimutaka et le lac Wairarapa.
La province a pour principaux attraits la ville même de Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, autour de laquelle est centrée la vie de toute la région. Une grande partie de ses habitants travaillent dans le chef-lieu sans même y vivre.
Pour nous rendre à Ohakune nous empruntons le plus court chemin en termes de distance et pourtant le plus long en temps, car nous préférons les petites « scenic drive » aux routes plus larges et plus fréquentées. De la côte Est au Central Plateau nous parcourons ainsi plusieurs paysages différents. Au début nous sommes cerclés de hautes collines recouvertes d’herbe sèche, puis rapidement nous arrivons à hauteur de la forêt de Kaweka.
La route très sinueuse nous fait zigzaguer entre de hauts résineux âgés et de plus petits, replantés il y a peu. L’exploitation forestière fonctionne ainsi, un arbre coupé, un nouveau planté. Fait marquant, le genêt que nous avions déjà aperçu entre Gisborne et Napier refait son apparition mais cette fois de manière beaucoup plus présente. Sur certaines portions de terrain, il occupe même tout l’espace entre les arbres, si bien que de loin le décor détone : une rangée de vert, une rangée de jaune… c’est très surprenant ! Une fois la forêt dépassée, nous retombons sur les vallons verdoyants et « moutonnés » si caractéristiques de la Nouvelle-Zélande. Les ombres des rares nuages pressés par le vent passent d’une colline à l’autre, nous offrant un cadre magnifique. Au loin, nous apercevons déjà les sommets du Tongariro National Park, que nous explorerons dans les jours qui viennent. C’est très exaltant !
Après une conduite sans encombre, si ce n’est un petit ralentissement suite au déplacement d’un troupeau de moutons, nous passons devant la carotte géante nous signifiant l’arrivée dans la petite ville de montagne d’Ohakune. Le backpacker est situé aux pieds du Mt Ruapehu et le décor est bien trop beau et le soleil trop éclatant pour que nous ne partions pas tout de suite à l’assaut de la montagne !
Nous grimpons (ou plutôt la voiture) ainsi l’ancienne route d’Ohakune jusqu’à la station de ski de Turoa. En chemin nous nous arrêtons à mi-hauteur pour découvrir les belles Mangawhero Falls, qui ont aussi accueilli l’équipe de tournage du Seigneur des Anneaux.
Le paysage commence déjà à changer : nous sommes maintenant posés sur un sol sombre et recouvert de petits cailloux ainsi que de gros blocs basaltiques (à l’aspect aéré, spongieux) aux couleurs très variées dont les dominantes sont le noir, le brun et le rouge.
Le bush néozélandais à totalement disparu pour laisser place à une forêt de montagne que nous connaissons bien. Nous partons d’ailleurs en expédition sur l’autre rive du ruisseau et nous nous amusons beaucoup à trouver notre chemin parmi la végétation très dense, puisque peu souvent visitée. Le sol, recouvert de mousse d’un vert très prononcé, est incroyablement mou, et par moments nous craignons même de nous enfoncer totalement.
Suite à cette courte balade, nous nous rendons au plus haut de la route accessible en voiture, et nous arrêtons juste devant la station de Turoa complétement déserte, hors saison oblige. Ici la chaleur a déjà fait fondre toute la neige et le paysage est volcanique. Le sol est sombre et parsemé de cailloux allant du brun au rouge foncé. Le lieu a d’ailleurs été utilisé pour le tournage de certaines scènes du Seigneur des Anneaux se déroulant en Mordor. Le long du sentier caillouteux habituellement emprunté par les dameuses, se dresse de grands blocs tranchants et nous le suivons sur quelques dizaines de mètres afin de retrouver un autre décor de tournage, mais cette fois-ci du Hobbit. Nous escaladons ensuite un autre pan de la montagne, afin d’admirer le panorama d’un peu plus haut. Il y a du vent, la pente est très raide, mais la vue à couper le souffle nous récompense largement de tous nos efforts. Cela nous prépare aussi à la grande randonnée de demain : pour celle-là, nous n’oublierons ni le bonnet ni les gants !!
Tongariro Crossing – 03 décembre 2014
Aujourd’hui nous sommes levés à 6h du matin pour attraper le bus qui nous conduit au départ du Tongariro Crossing, considéré comme le plus beau treck au monde. Un peu inquiets car nous n’avons jamais marché sur une aussi longue distance, nous prenons le célèbre chemin de randonnée. Célèbre, voire même trop célèbre, car à notre grande surprise (et déception) des centaines de touristes sont venus découvrir ou redécouvrir le treck.
C’est impressionnant et parfois agaçant car personne n’avance au même rythme et étant personnellement plutôt lente en montée, je dois souvent m’arrêter pour laisser passer les plus sportifs. Malgré ce point négatif, et la marche au combien longue et fatigante, nous passons un des plus beaux jours de notre voyage. Le temps est tout simplement idéal : soleil, soleil et soleil ! Pas un nuage en vue, ce qui nous permet d’apercevoir tous les sommets du parc, mais aussi celui du Mt Taranaki (le Mt Fuji néozélandais), situé à plusieurs centaines de kilomètres de là !
Le long des 19,4 km, nous traversons différents paysages : plaines immenses recouvertes de tussock, pentes sombres, vestiges d’anciennes coulées de lave, vastes plaines sans vie encerclées par les volcans dont les sommets sont enneigés (nous buvons notre première neige néozélandaise ici), le Red Crater à la couleur rouge profond dont on ne peut détacher le regard, lacs de cratères au bleu si pur, pans gelés par la neige ruisselante, innombrables collines recouvertes d’herbe sèche d’où l’on aperçoit à courte distance des fumerolles ainsi qu’un cratère fumant encore actif (le risque d’éruption nous oblige à rester vigilants) et pour finir nous retombons dans le bush néozélandais très luxuriant.
Il n’y a aucun mot pour décrire la magnificence de tous ces paysages parcourus et il me faudrait des pages entières pour que la description soit fidèle aussi je n’en dirai pas plus et vous laisse découvrir les photos qui parlent très bien à elles seules. Ainsi après un peu moins de 8h de marche, nous reprenons le bus nous conduisant au backpacker, épuisés, les pieds en feu (nous avons dû presser le pas sur les 8 derniers kilomètres sous peine de rater le bus…), mais au combien heureux d’avoir pu contempler les merveilles de ce parc national.
Whakapapa Ski Field – 04 décembre 2014
Aujourd’hui tous nos muscles nous font souffrir, mais les prévisions météo n’étant pas bonnes pour le lendemain, nous décidons tout de même de partir crapahuter sur un autre versant du Mt Ruapehu. Ainsi nous prenons la direction du village du Tongariro National Park qui abrite le pittoresque hôtel « Château Tongariro ».
Encore une fois ce n’est pas la boussole qui nous guide mais notre livre situant tous les lieux de tournage du Seigneur des Anneaux. Certains seront peut-être surpris mais finalement nous découvrons beaucoup de superbes lieux grâce à celui-ci ! Quoi qu’il en soit, le temps n’est pas ensoleillé lorsque nous arrivons dans la populaire station de ski de Whakapapa, ce qui n’enlève rien au charme, bien au contraire.
Le sol volcanique presque dénué de toute végétation et le fin brouillard qui nous entoure rend le décor fantomatique. Un télésiège en service conduit au sommet des pistes complétement dissimulées par d’épais nuages, mais il est trop tard pour que nous puissions l’emprunter. Nous passons donc un moment à errer entre les blocs volcaniques massifs. Il est assez surprenant de voir que le paysage n’est pas le même d’un versant à l’autre du volcan. Ici, les tons sont plutôt gris, les rochers bien plus tranchants et les nombreux vallons traversés par les petits ruisseaux de fonte des neiges sont très raides. Autre caractéristique des lieux, son immense mur de roche brune surplombant le vide. Prodigieux ! Encore une fois, le décor est superbe.
Après ces journées fatigantes mais néanmoins mémorables, nous prenons un peu de repos avant notre départ pour le Sud de l’Ile. Heureux d’en avoir pris plein les yeux, le Tongariro National Park est à présent et à juste titre placé dans notre « Top Five » des lieux néozélandais préférés.
Central Plateau
Le Central Plateau comprend la région de Taupo et le lac du même nom. Reposant dans un immense cratère, à 357 m d’altitude, ce plus grand lac de Nouvelle-Zélande s’étend sur 616 km² (plus grand que le lac Léman). Sa profondeur maximale est de 109 m. Cette région est réputée pour son activité thermique et volcanique.
Le Tongariro National Park, qui s’étend sur presque 80 000 hectares est particulièrement célèbre. Il abrite les monts Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu, trois cônes volcaniques encore en activité.
L’été comme l’hiver, il offre de nombreuses possibilités de randonnés. La pêche est également une activité très importante dans le Central Plateau.
Ohakune
Avec ses 2000 habitants, Ohakune est le centre commercial et touristique du Tongariro National Park, le point de départ de son exploration et la porte d’accès au Mt Ruapehu. Petite localité calme en été, mais avec beaucoup de monde en hiver, attiré par les sports d’hiver (comme la plupart des localités de la région).
Tongariro National Park
Le parc national du Tongariro est situé en plein cœur de l’Ile du Nord et se compose de nombreux volcans. Le plus ancien parc national de Nouvelle-Zélande, inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (valeurs culturelle et naturelle), est réputé pour la richesse de ses paysages volcaniques.
Il est fondé en 1887 et la plupart des terres qui le constituent sont offertes au pays par le chef maori Te Heuheu Tukino IV et d’autres chefs de la région.
Au cours des années 1860 les Européens, nouveaux venus dans la région, commencent à s’approprier les terres des Maoris.
Le chef, s’inquiétant du devenir de leurs terres et craignant que les Européens ne brisent les tabous qui leurs sont liés, décide que le seul moyen de les protéger est d’en faire don au gouvernement qui en échange, en ferait en parc national. Le traité est signé en 1887. A l’origine le parc s’étend sur 2640 hectares et comprend les monts Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro. Aujourd’hui, sa superficie atteint presque 80 000 hectares.
Ce parc abrite aujourd’hui plus de 500 espèces endémiques de plantes et offre aux visiteurs une végétation résolument contrastée : tussock et désert au Sud-Est, forêt luxuriante au Nord-Ouest. Le Tongariro National Park est un haut lieu touristique grâce à ses randonnées, ses deux stations de ski, son activité thermale et tout simplement la beauté incontestable de ses paysages. Il accueille près de 800 000 visiteurs par an, dont un tiers seulement pour le ski.
Chemins de randonnée bien balisés et refuges accueillants font de cette région un paradis pour les marcheurs. L’itinéraire le plus connu est le Tongariro Alping Crossing, considéré comme le plus beau au monde. La randonnée d’une durée de 7 à 9 heures traverse le haut plateau en passant entre les volcans.
Le Mount Ruapehu (2796 m) est le point culminant de l’Ile du Nord. En 2007, le lac de son cratère se déverse dans la vallée sous forme d’une coulée de boue spectaculaire, provoquée par des pluies violentes. Cette éruption, la plus récente, est accompagnée d’un tremblement de terre de 7 minutes. Cette zone offre des conditions idéales pour faire du ski en hiver.
Avec ses 1968 m d’altitude, le Mt Tongariro est le plus petits des trois sommets et le plus au Nord. C’est un volcan aux nombreux cratères dont certains sont encore actifs. Il abrite également des mud pools et des sources chaudes sur son versant Nord. Sa dernière éruption a eu lieu après la Première Guerre Mondiale.
Au Nord du Mont Ruapehu se dresse un autre volcan en activité, le Mont Ngauruhoe (2290 m), dont la dernière éruption remonte à 1975. A la différence des deux autres volcans, celui-ci n’a qu’un seul cratère (ou cheminée). Une impressionnante chaine de cratères aux eaux vertes et translucides s’étire du Mt Ngauruhoe au Mt Tongariro. La piste qui mène aux sources chaudes du refuge de Ketetahi, à travers un paysage exceptionnel offrant des panoramas au-delà du lac Taupo, est une des plus belles du parc.
Le plus haut sommet du Tongariro National Park est le Mt Ruapehu (2796 m), à l’histoire explosive en raison de ses multiples éruptions au cours du siècle dernier et dont les cendres pouvaient se rependre jusqu’à Wellington. Son cratère bouillonnant est extrêmement acide, et parfois de la boue et des rocs dévalent ses pentes. La région est connue pour ses paysages à couper le souffle et le treck du Tongariro Crossing est d’ailleurs considéré comme le plus beau au monde.
L’hôtel Chateau Tongariro, construit dans les années 1920, est l’un des plus iconiques de Nouvelle-Zélande et se situe aux pieds du splendide Mt Ruapehu. Lors du tournage du « Seigneur des Anneaux », l’équipe logea ici pendant plusieurs semaines, ce qui permettait un transport rapide en plein cœur du Mordor.
Henneth Annûn – Tawhai Falls
A quelques kilomètres du Chateau Tongariro, un sentier permet d’accéder aux belles Tawhai Falls, où l’on peut reconnaitre Henneth Annûn.
Henneth Annûn est une caverne, servant de repaire secret aux hommes du Gondor afin de surveiller le Mordor. Elle est la base d’opération de Faramir et ses hommes pendant la guerre de l’Anneau. Celui-ci y emmène Frodon et Sam dans « Les Deux Tours ».
Mordor & Emyn Muil – Whakapapa Ski Field
En hiver, Whakapapa Ski Field est une station de ski très populaire. Durant les autres saisons, le lieu se transforme en une région déserte au sol volcanique.
Pour visiter la région représentant la bataille qui marque la fin du Deuxième Age de la Terre du Milieu, il faut se rendre près du village d’Iwikau. Dans ce territoire, parsemé de rochers volcaniques tranchants et d’un sol cendreux, il est très facile de reconnaître le Mordor et de s’immerger dans ce pays désolé et torturé, où Sauron planifia sa guerre finale pour la domination de la Terre du Milieu.
Pendant le tournage, une attention particulière a été portée à toutes les zones naturelles sensibles et un revêtement spécial a été utilisé afin de protéger le sol lors des déplacements des acteurs
Du sommet de la route, il est facile de reconnaître le décor de la scène où les Orcs attaquent les Elfes et les Hommes guidés par Elrond. Après le tournage sur les lieux, l’équipe des effets-spéciaux du Weta Studio a rajouté des centaines d’autres acteurs pour compléter la scène. Tout près du Pinnacle Ridge, il est possible d’approcher le rocher d’où Isildur coupe le doigt de Sauron.
L’affleurement rocheux tout proche, connu sous le nom de Meads Wall, a été utilisé pour la scène où Frodon et Sam capturent Gollum dans « Les Deux Tours ». Ce terrain a d’ailleurs été utilisé dans plusieurs scènes montrant les Hobbits perdus dans le labyrinthe de rochers tranchants de l’Emyn Muil et cherchant une sortie pour se rendre vers les plaines ravagées de Dagorlad et la Porte Noire.
L’Emyn Muil, réputé pour être un impénétrable labyrinthe rocheux, est un territoire montagneux situé entre le fleuve Anduin (à l’extrême Est du Rohan) et le pays désert regroupant les Marais des Morts et le Nindalf. Le Marais des Morts est une vaste zone de marécages située à l’Est de l’Emyn Muil et bordée par la vaste plaine nue de Dagorlad, elle-même située au Nord-Ouest de l’entrée du pays de Mordor, la Porte Noire. Dagorlad (« Plaine de la Bataille » en Sindarin) est le site de l’ancienne Bataille au cours de laquelle la Dernière Alliance des Elfes et des Hommes vainc l’armée de Sauron. Le sol du Marais des Morts est jonché des cadavres des Elfes et des Hommes tombés au cours de ce combat.
Plusieurs autres scènes ont été tournées dans les environs, dont la plupart représentant la marche de Frodon et Sam à travers les terres du Mordor pour se rendre à la Montagne du Destin.
Ithilien & Mordor – Ohakune
Le village d’Ohakune possède un riche sol volcanique lui permettant d’être la plus grande zone de production de carottes de Nouvelle-Zélande. L’équipe du tournage séjourna dans le village pendant plusieurs semaines. C’est un lieu de base idéal pour la visite de l’Ithilien et du Mordor.
Pour se rendre en Ithilien, il faut emprunter la célèbre Ohakune Moutain Road et se rendre à la station de ski populaire de Turoa, située sur le Mt Ruapehu. S’élevant à 1000 m d’altitude, la Ohakune Mountain Road est l’une des plus pittoresques routes du pays, traversant de vastes de plaines, des forêts de hêtres, pour arriver au sommet d’une région montagneuse balayée par les vents et offrant des vues extraordinaires du Mt Ruapehu et de ses environs.
C’est au-dessus des Mangawhero Falls, dans le lit de la rivière, que Gollum attrape un poisson dans « Les Deux Tours ». Dans cette scène, la cascade est clairement visible mais dans le film, les collines en fond ont été remplacées par de plus hauts sommets.
La scène montrant Frodon et Sam traversant une clairière ouverte où se trouvent les vestiges d’une colonne a été filmée juste en amont, dans une petite zone dégagée recouverte d’herbe souple et entourée d’arbres.
L’Ithilien («Pays de la lune» en Sindarin) est la région la plus à l’Est du Gondor, seule partie de son territoire située de l’autre côté du fleuve Anduin, entre celui-ci et les Montagnes de l’Ombre.
La région de Hawke’s Bay et Gisborne, également appelée East Coast, commence au Cape Runaway et longe la côte pour se terminer aux limites de la région de Wellington.
La Hawke’s Bay est une province de l’East Coast qui part de la Mahia Peninsula, s’étend jusqu’au Cape Turnagain au Sud et descend le long des Kaweka et Ruahine Ranges à l’Ouest. Elle comprend les villes de Napier et Hastings.
Aucune région ne bénéficie de plus d’ensoleillement que la région, d’où les rendements exceptionnels de fruits et légumes. Hawke’s Bay produit plus de 20 000 tonnes de raisin par an et ceux-ci sont transformés en vin dans les 70 caves de la région, qui produisent les meilleurs crus néozélandais.
Napier & Hastings – 30 novembre et 01 décembre 2014
La route que nous empruntons pour nous rendre à Napier ne longe pas l’océan Pacifique mais serpente à l’intérieur des terres. Le paysage petit à petit se transforme et nous passons d’un décor de hautes collines verdoyantes à celui de petites montagnes couvertes de grands épineux.
En chemin nous faisons un petit détour par la Péninsule de Mahia, où nous longeons cette fois l’océan qui nous offre une eau d’un bleu profond. Le vent est déchainé et les vagues se fracassent contre les grandes falaises déchirées.
Une fois les montagnes franchies, l’arrivée « en ville » est évidente. Sur 30 km et jusqu’à Napier, le décor change radicalement. Le sol est plat ! Nous traversons en fait des plaines couvertes d’herbe sèche (tussock) et même si certaines accueillent des moutons ou des vergers, l’essentiel est coiffé de bâtiments industriels. Ça nous change !
Nous arrivons à Napier en début d’après-midi et comme le soleil est au-rendez-vous mais que la pluie est annoncée pour bientôt, nous décidons de visiter un maximum aujourd’hui. Nous commençons par le centre-ville et la « marine parade » qui borde l’océan. C’est l’une des plus belles villes que nous avons pu croiser pour l’instant. La raison, un charme art déco indéniable, de vieux bâtiments datant du début du 20ème siècle, des rues parsemées d’œuvres d’art et de la couleur partout !
Nous serpentons le downtown, visitons des boutiques très mignonnes et nous finissons dans la plus retro de toutes, où nous passons énormément de temps à admirer les objets art déco, que nous ne manquons pas de prendre en photo, comme si nous étions au musée.
Nous partons ensuite à l’assaut du pa (ancien village fortifié maori) d’Otatara. Ce site « archéologique » est superbe. Les vestiges sont peu évidents mais donnent toutefois une bonne idée de l’organisation de la vie en Nouvelle-Zélande il y a plus de 400 ans. En tous cas pour l’archéologue que je suis la visite est exaltante !
Outre le côté historique, le cadre est simplement superbe. Nous avons un large point de vue sur les environs et le coucher de soleil nous livre de puissantes couleurs.
Le lendemain est très pluvieux. Après une semaine de beau temps il fallait bien que ça nous arrive ! Un peu déçus au réveil, nous prenons tout de même la décision de visiter les environs de Napier. Après tout ça serait dommage de rester enfermés un jour de vacances.
Notre première étape est l’ascension (en voiture) du géant écroulé, Te Mata Peak. Le plus haut sommet de la région est recouvert d’herbe sèche, aussi le décor contraste fortement avec celui auquel nous sommes habitués. La pluie battante d’aujourd’hui aura peut-être suffisamment abreuvé le sol pour que la colline revête son habit vert habituel demain ? Bref, depuis la pointe la vue est à couper le souffle, quoi qu’un peu brumeuse… C’est vrai que nous n’apercevons ni les sommets du Tongariro, ni la côte, mais ce que nous avons devant les yeux est absolument magnifique. Les nuages et les rayons du soleil perçant à quelques endroits y sont pour beaucoup et finalement nous ne regrettons pas (trop) le beau temps.
Nous terminons la journée dans les rues d’Hastings, ville beaucoup moins charmante que Napier, mais elle aussi haute en couleurs et riche en œuvres d’art extérieur, ce qui nous ravit.
Mahia Peninsula
La péninsule de Mahia est composée de plages dorées aux eaux limpides qui se prêtent à toutes sortes d’activités.
Mahia signifie « bruits atténués », une invitation à s’abandonner à la musique que composent les vaguent, les oiseaux et le bruissement des arbres.
Wairoa
Wairoa, située à 118 km de Napier et à 105 km de Gisborne, est une petite ville très agréable accueillant de nombreux festivals. Bâtie sur les berges de la Wairoa River, à 3 km de son embouchure, Elle est le centre du Wairoa District qui compte un peu moins de 11 000 habitants. « Te Wairoa » signifie les « longues eaux ».
La région n’est colonisée que très tard, en raison de son accès difficile et du refus des tribus maories de vendre leurs terres. Quelques fermiers s’y installent en 1850 et en 1865 le gouvernement achète la terre pour la construction de la ville. A l’époque des Lands Wars elle devient une garnison.
Un phare en bois de kauri, construit en 1877 sur Portland Island, fait la fierté des habitants. Il fonctionne jusqu’aux années 50. Sa lentille originelle est de fabrication française. En 1961 il est déplacé dans le centre-ville.
Napier
Napier est la capitale de la Hawke’s Bay et la neuvième ville de Nouvelle-Zélande avec plus de 58 000 habitants. Elle est à 323 km de Wellington.
La présence maorie est très importante dès l’arrivée des premiers habitants d’Aotearoa. Les premiers Européens qui s’installent dans la région, vers 1830, sont des chasseurs de baleines. Ils sont basés à Ahuriri, au Nord. Dans les années 1850, attirés par l’expansion des fermes d’élevage de moutons, ils sont suivis à l’intérieur des terres par des fermiers. En 1858 le gouvernement achète des terres aux Maoris où sera bâtie plus tard Napier.
Le développement de la ville très lent, se limite d’abord au port et à la colline d’Ahuriri. Le 3 février 1931 un violent tremblement de terre, de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter, ravage la ville et ses localités voisines. Le sol à certains endroits est soulevé de plus de 2m et 3600 hectares de marécages sont asséchés. C’est à cet endroit que ce trouvent aujourd’hui la zone industrielle et l’aéroport. Le séisme dure 2min30sec et tue plus de 250 personnes, dont 162 à Napier. En 1932 la ville est reconstruite sur le même site dans son ensemble dans un style Art Déco ce qui lui donne son charme actuel. Depuis cette époque, la devise de Napier est « Foi et Courage ».
Hastings
A 20 km seulement de Napier, Hastings s’élève sur les Heretaunga Plains. Avec un peu moins de 50 000 habitants, elle est le centre d’une région très productive en fruits et vins.
Les premiers colons s’y établissent en 1864. La ville connait le même destin que Napier le 3 février 1931. A l’époque, cette petite ville est aussi rebâtie dans le style typique des années 1930, le style Spanish Mission, une dérive du style Art déco mais moins affirmé cependant qu’à Napier. Ses rues sont redessinées à l’américaine (à l’équerre) et nommées en fonction de leur situation par rapport au centre de la ville.
La région est le premier producteur du pays de pommes, de pêches et de poires, ainsi que le deuxième producteur de raisins et de vins. C’est également à Hasting que se trouvent les usines de la puissante compagnie Watties, très connue en Nouvelle-Zélande. L’industrie du bois y tient aussi une place importante.
Te Mata Peak
Depuis le sommet de Te Mata Peak (399 m) la vue sur la côte, qui porte jusqu’aux volcans du Tongariro National Park, est à couper le souffle. A 11 km d’Hastings, il est le plus haut sommet de la région.
D’après la légende maorie, cette colline est le corps d’un géant, le chef Te Mata O Rongakako, chassé par Heretaunga. La fille du chef de cette tribu était si belle que le géant décida de la courtiser plutôt que de faire la guerre. Elle le soumit à une série d’épreuves très difficiles, qu’il accomplit fidèlement, jusqu’à ce qu’elle lui demande tout simplement de tout dévorer sur son passage. Là encore, il entreprit de la satisfaire mais en s’étouffant avec une grosse pierre, il s’effondra à l’endroit où s’élève maintenant la colline.
Après ces quelques jours épuisants mais extrêmement riches en découvertes dans les environs de Rotorua, nous reprenons la route cette fois-ci en direction de la Côte Est.
La première étape n’est pas tout à fait sur la côte mais se trouve bien à l’Est, en plein cœur du Te Urewera National Park, plus grande forêt originelle de l’Ile du Nord. Une « gravel route » (route non goudronnée) qui s’étire sur 98 km, nous fait remonter le temps, et l’espace de quelques heures, nous nous trouvons hors de toute civilisation. Le décor est tout simplement magnifique : des arbres immenses, des centaines de plantes différentes, des fougères géantes qui trônent fièrement, des petites prairies couvertes de boutons d’or, ou encore des ruisseaux limpides qui serpentent dans les vallées. Pour couronner le tout, le temps est magnifique. Que demander de mieux ?
Le seul point noir à ce tableau est la présence de dizaines d’opossums écrasés tout au long du chemin…
Considérés comme nuisibles, car se nourrissant trop (?) de végétation et s’attaquant aux œufs des kiwis, les conducteurs prennent un malin plaisir à leur rouler dessus (et le gouvernement le préconise)… Ils sont les dos-d’âne des routes en forêt (nous avons vu ce slogan sur des T-shirts dans des boutiques de souvenirs).
Tout le pays les déteste et certains bars offrent même des bières en échange de leurs queues ! A la base ils ont été introduits ici pour leur fourrure et maintenant ils sont exterminés sans pitié.
Lorsqu’on voit comment l’être humain prend soin de la nature, on se demande vraiment qui est le nuisible…
Bref, nous arrivons dans l’après-midi au camping où nous passerons la nuit, au bord du lac Waikaremoana.
Superbe étendue d’eau et en plein cœur de la forêt luxuriante, il vaut franchement le détour. Nous avons un petit chalet presque sur ses rives et 4 canards composent l’essentiel de notre voisinage.
Ils sont tellement habitués aux hommes, qu’aussitôt la porte ouverte ils tentent de gagner l’intérieur pour venir nous quémander du pain !
Après une longue discussion échangée avec nos nouveaux voisins, nous partons un peu plus haut pour se balader sur les petits sentiers les plus proches. La promenade est très bucolique et nous découvrons, entre deux cascades, de nouvelles espèces animales et végétales dont le hêtre noir, caractéristique de la forêt de Te Urewera, qui semble calciné mais qui ne l’est pas du tout, et le weta, gros insecte néozélandais qui ressemble de loin à un grillon aux très longues antennes (le DOC leur installe des abris en hauteur pour les protéger des rats et autres prédateurs). Encore un nouveau coin que nous ne regrettons pas découvrir !
Gisborne – 28 & 29 novembre 2014
Une fois le chalet libéré et le lac derrière nous, nous voici sur la route qui mène à Gisborne à travers l’intérieur des terres, composé de grandes vallées aux collines vertes parfois déchirées par d’insolites formations rocheuses. Fait déjà observé, la transition rapide entre différents paysages est toujours aussi impressionnante. En moins de 3 heures nous sommes passés de la forêt luxuriante aux collines vallonnées, pour finir sur la côte aux longues plages de sable fin.
Après notre installation au holiday park (=camping), suivie de quelques heures de « shopping », nous terminons la journée sur la plage quasiment déserte, bercés par le bruit des vagues que nous avions presque oublié !
L’eau n’est pas trop froide pour un milieu de printemps et si le cœur nous en dit, nous irons peut-être piquer une tête demain.
A la nuit tombée, le décor est somptueux, et malgré le vent très frais, nous restons un long moment à regarder les étoiles qui se dégagent d’un beau dégradé de bleu foncé.
Il y a peu, les Néozélandais fêtaient le jour de Guy Fawkes, catholique qui tenta de faire exploser le parlement britannique en 1605. Il échoua et fut brûlé vif mais aujourd’hui le jour de « la conspiration des poudres » est encore célébré par des tirs de feux d’artifice. Pendant plusieurs jours (et seulement à ce moment-là), les commerçants peuvent en vendre aux particuliers qui pourront les utiliser quand ils le souhaiteront.
Cela va s’en dire, pendant ce laps de temps nous avons vu des dizaines (voire des centaines) de petits feux d’artifice tirés de tous les coins de Whangarei (c’était mon anniversaire tous les jours), mais cette nuit, vestiges du Guy Fawkes Day, nous en voyons plusieurs sur la plage, qui répondent aux éclairs transperçant les nuages, loin sur l’océan.
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Gisborne est la première ville du monde à recevoir chaque jour les nouveaux rayons du soleil, toutefois nous avons préféré faire une grasse matinée plutôt que de se réveiller aux aurores pour admirer le lever de notre étoile… Et ça fait du bien ! Depuis bien des semaines nous n’avions pas dormi autant et nous sommes ravis d’avoir pu enfin le faire ! Et puis ce soir, nous sommes les premiers à voir la nuit tomber…
Cette deuxième journée à Gisborne est un peu différente de celles passées dernièrement puisque nous passons notre temps en ville.
Notre première ballade nous conduit au musée de Tairawhiti, où nous apprenons avec attention l’histoire de Gisborne et sa région depuis les premiers habitants jusqu’à la colonisation du territoire par les Européens. Au menu, artefacts maoris, peintures et sculptures contemporaines, objets du 19ème siècle, ou encore photos d’époque…
En d’autres termes tout ce que nous aimons. La visite se termine même par la reconstitution d’un bateau, le Star Canada, qui fit naufrage au large de la ville en 1912. Nous pouvons ainsi voir la chambre personnelle du capitaine (plutôt confortable) et cramponner la barre tout en sonnant la cloche. Alex est en joie.
Pour information, nous découvrons que Tairawhiti (Gisborne et ses environs) est aussi célèbre pour ses femmes « leaders ». D’une part, la tribu des Ngati Porou se démarque des autres car les femmes ont certains pouvoirs qui sont normalement réservés aux hommes (elles peuvent présider les cérémonies de bienvenue et certains des Grands Ancêtres ont été des femmes), d’autre part, certaines femmes d’origine européenne ont joué un rôle important dans la campagne pour accorder le droit de vote aux femmes. C’est d’ailleurs la Nouvelle-Zélande qui adopte le suffrage universel en 1893, permettant à toutes les femmes de voter lors des élections législatives dès cette année-là. Une première mondiale !
Nous montons ensuite le Titirangi Domain qui offre un large panorama sur Gisborne et la Poverty Bay. Titirangi est nommé ainsi par les premiers colons maoris, en hommage à leurs montagnes d’Hawaiki. Il est à l’origine un pa étendu et à l’arrivée des Européens il a déjà compté plus de 24 générations maories.
Puis en passant nous découvrons la plage de Kaiti et le site où le capitaine James Cook accosta pour la première fois en Nouvelle-Zélande.
Nous pouvons maintenant mettre un visage sur son nom, grâce à la statue érigée pour le 200ème anniversaire de son arrivée.
Notre journée s’achève par la visite du petit centre-ville de Gisborne, plein de caractère, abritant des dizaines de bâtiments construits au début du 20ème siècle, dont la plupart sont aujourd’hui restaurés. Nous rentrons trop tard pour plonger dans l’Océan Pacifique, mais ce n’est que partie remise !
Te Urewera National Park & Lake Waikaremoana
Le Te Urewera National Park, créé en 1954, couvre 212 675 hectares. Il est le quatrième plus grand parc de Nouvelle-Zélande et n’est autre que la plus grande superficie de forêt tropicale originelle d’Ile du Nord. Réputé pour ses cours d’eau, son lac, ses grottes et ses randonnées (600 km de pistes), il donne une idée de ce à quoi le pays devait ressembler avant l’arrivée des Hommes. Les principaux habitants des lieux appartiennent à la tribu Tuhoe, qui a longtemps résisté aux incursions européennes et s’expriment toujours, pour la plupart d’entre eux, en maori.
Le lac Waikaremoana, un des joyeux du Parc National de Te Urewera. Situé au centre du parc, il est la plus grande étendue d’eau douce d’Ile du Nord après le lac Taupo et peut atteindre 300 m de profondeur. Le chemin de randonnée qui longe le lac Waikaremoana est l’une des neuf Great Walks de Nouvelle-Zélande (3-4 jours pour 46 km).
Gisborne
Gisborne, « The First City of the Sun » est aussi appelée « la capitale du chardonnay ». Ville la plus isolée de Nouvelle-Zélande, elle est le port principal de la Poverty Bay et de l’East Coast Region. C’est une région bordée par l’océan à l’Est et par de hautes montagnes à l’intérieur des terres.
La ville est située au centre de la Poverty Bay où J. Cook accoste le 9 octobre 1769. Elle est appelée « The First City of the Sun » car elle est la plus à l’Est et donc la première à recevoir le soleil. C’est aussi la « cité des ponts » en raison de ses innombrables ponts.
Cette région est très fertile et connait une activité agricole, horticole et vinicole intense.
Les premiers colons arrivent en 1831, suivent les baleiniers et les missionnaires. Un grand nombre de tribus s’oppose à la présence européenne et refuse de signer le traité. Gisborne est connue alors sous le nom de Turanga a Kiwa. De nombreuses batailles ont lieu, menées entre autres par Te Kooti, dont une près de Matawhero connue sous le nom de « Massacre de la Baie de la Pauvreté ». Beaucoup de colons y trouvent la mort et leur village est détruit. Plusieurs sites historiques sont présents dans la région.
La colline de Kaiti Hill domine la ville et la plage de Kaiti Beach qui voit les premiers pas du capitaine Cook sur la terre néozélandaise. A l’époque, cette colline est le berceau des tribus maories qui vivent dans la région depuis 24 générations. Au cœur de la ville se trouve la plus grande marae (maison commune) du pays.
Quelques-unes des principales usines de l’industrie alimentaire néozélandaise sont situées dans la vallée. Gisborne est en outre l’une des trois plus grandes régions viticoles de Nouvelle-Zélande (35% de la production nationale). Les vignobles, qui s’étendent sur plus de 1500 hectares, sont ici une attraction majeure. La région produit en majorité du chardonnay mais aussi du sauvignon, du pinot noir, du merlot et en plus petites quantités, du gewurztraminer, du chenin blanc ou encore du cabernet.
Nous y voilà ! Après trois mois au turbin à Whangarei, nous prenons la route des vacances ! Notre première étape se situe dans le Central Plateau, zone volcanique et géothermale de l’Ile du Nord. Pendant quatre nuits nous logeons dans un backpacker à Rotorua, célèbre pour son lac formé suite à une éruption volcanique, ainsi que pour ses sources chaudes dont les effluves soufrées nous titillent le nez dès notre arrivée.
Taupo – 24 novembre 2014
Nous consacrons notre premier jour à découvrir Taupo (situé à une heure de Rotorua) et ses environs. Tout au long de la route, nous retrouvons un paysage familier nous plongeant dans nos montagnes alpines. En effet, le décor qui défile devant nous est très proche de celui dans lequel nous avons grandi. Il est un mélange de grandes collines couvertes de résineux (très semblables à nos Basses-Alpes) et de grandes étendues vertes très claires et vallonnées (semblables aux hautes prairies du Queyras). Il y a toutefois deux grandes différences : de petites clôtures en bois entourent tous les espaces (comme dans tout le reste du pays) et par centaines, des vaches et des moutons parsèment les vastes prés.
Nous passons toute notre matinée dans le parc d’Orakei Korako, où nous découvrons avec bonheur ce que signifie « activité géothermale » ! Un paysage lunaire, rempli de sources chaudes fumantes, de bassins bouillonnants, de trous de geysers et de fumerolles nous entoure. Les couleurs sont magnifiques et s’étendent du blanc très clair au noir très foncé, en passant par le rose, le vert et l’orange.
Difficile de s’imaginer que dans les montagnes se trouve un endroit pareil, à la fois merveilleux et hostile. Il nous faudra plusieurs heures pour faire le tour de la réserve, tant il y a de nouveaux décors à découvrir.
Nous prenons ensuite la route vers Taupo et nous arrêtons en chemin pour voir les « must-see » du coin : les mouvementées Huka Falls, le lâché du barrage aux rapides d’Aratiatia et la centrale géothermique de Wairakei. Les sources chaudes de la région font le bonheur de ceux qui plongent dans les « Hot Pools » pour se ressourcer, mais servent également à produire de l’électricité.
Nous longeons ainsi une grande partie des tuyaux dans lesquels circule de l’eau à plus de 200°. La vapeur d’eau est évacuée en plusieurs points du circuit, et la pression est réduite par de hauts ponts, afin d’éviter une explosion de tout le système. Évidemment cela ne fait pas très beau dans le paysage, mais c’est très impressionnant à voir et plutôt instructif.
Nous arrivons en fin d’après-midi dans la charmante petite ville de Taupo et nous posons au bord du lac pour admirer la superbe vue sur le lac et les montagnes qui l’entourent. Au loin, nous pouvons même apercevoir les trois sommets des volcans du Parc National du Tongariro que nous explorerons la semaine prochaine !
Pour finir notre journée en beauté, nous passons près de 3 heures dans un spa composé de plusieurs bassins chauds (avec de l’eau thermale de 39°C à 41°C) et froids (à température ambiante en fait). L’entrée dans l’eau thermale est assez difficile car elle est vraiment très chaude, mais une fois dedans, c’est très agréable et en plus il y a plusieurs endroits où l’on peut se faire masser par des remous ! Après quelques glissades dans le méga toboggan (oui les adultes sont autorisés), nous avons même droit à 45 minutes dans un spa privé (nous choisissons celui à 38° de peur de se liquéfier dans un plus chaud). Nous sortons finalement à la nuit tombée, totalement détendus et prêts à s’écrouler dans le lit.
Rotorua & ses environs – 25 novembre 2014
Le lendemain nous partons tôt en direction du parc géothermale de Wai-O-Tapu. L’arrivée sur place est plutôt décevante car nous nous apercevons qu’il s’agit d’un endroit très touristique et par conséquent bondé de touristes. Toutefois, nous sommes bien décidés à profiter au mieux des merveilles qu’il offre. Nous assistons d’abord à l’éruption du geyser Lady Knox, qui est rendue possible grâce à du savon. Cette surprenante découverte a été faite au 19ème siècle, lorsque des prisonniers chargés de nettoyer la zone ont vu leurs vêtements se faire propulser en l’air sur plusieurs dizaines de mètres au cours de leur lessive hebdomadaire. Aujourd’hui cela ressemble plus à un phénomène de foire mais c’est toujours impressionnant de voir en direct à quel point Mère Nature peut-être puissante.
Nous poursuivons ensuite par la visite du parc en lui-même pendant près de 3 heures, tant il y a de spots à découvrir… et à photographier ! Entre autres, nous pouvons voir des cratères géants qui fument, des trous remplis de boue dont la très haute température créer de grosses bulles qui éclatent à la surface, des ruisseaux et bassins bouillants multicolores, des formations rocheuses striées aux couleurs ocres ou encore un lac vert fluo, composé d’arsenic dans sa grande majorité et dont l’eau avoisine les 100°C.
Cela va s’en dire, nous en prenons plein les yeux et on adore. Les composants chimiques qui parsèment le sol et les eaux rendent les lieux désertiques et nous sommes plongés dans un paysage digne d’un film de science-fiction. Quelques oiseaux habitent les lieux : certains nichent dans les trous au-dessus des cratères pour que leurs progénitures grandissent bien au chaud et d’autres semblent totalement indifférents à la température de l’eau et passent leur temps à manger des insectes qui évoluent dedans. Pour en apprendre plus sur la zone thermale, rendez-vous plus bas : Wai-O-Tapu. En passant, nous trouvions l’odeur de soufre (ou d’œuf pourri pour être plus précis) très présente à Rotorua, mais ce n’est rien à côté de certaines places de ce parc, où nous sommes contraints de respirer par la bouche sous peine de nausées ! Malgré la forte concentration de touristes nous sommes heureux d’avoir pu contempler de si beaux (et dangereux) phénomènes.
Après notre lunch loin de l’odeur soufrée, nous partons en direction de la petite réserve toute proche des Rainbow Mountains. Il est trop tard pour que nous puissions atteindre le sommet, mais nous pouvons suivre un petit sentier conduisant à une plateforme d’où sont visibles deux lacs de cratère. La vue est absolument magnifique. L’eau très calme et d’un bleu opale appelle à la baignade, seulement celle-ci est très toxique.
L’eau d’un lac de cratère provient en fait des précipitations, aussi, il n’y pas de courant pour remuer le fond (de toutes manières très pauvre en sédiments) et c’est pourquoi elle est si limpide. Autour mais à bonne distance, la végétation luxuriante se compose de grandes fougères que nous n’avions encore jamais vu, de petits arbustes et de nombreuses plantes qui ne poussent que dans ce type de milieu. La zone autrefois très chaude a tendance à se refroidir aujourd’hui, et c’est pourquoi la forêt reprend le dessus.
Pour finir, de grands pics rocheux teintés de rose, de rouge et d’orange se dressent en arrière-plan, comme sortis de nulle part. Par curiosité nous décidons d’avancer plus loin et nous tombons sur un minuscule chemin à travers les buissons qui nous conduit au sommet d’un des rochers que nous venions d’admirer depuis la plateforme d’en-face.
Nous seulement la vue est imprenable (et donne même le vertige), mais nous sommes aussi entourés de fumerolles, qui pour une fois ne sont pas cerclées de barrières, mais à l’état brut. Le sol fait quelques gargouillis et lorsqu’on s’en approche, la fumée est très chaude. C’est très enivrant d’être aussi près d’un tel phénomène, qui plus est perché sur un rocher surplombant un lac de cratère !
Nous terminons cette journée fatigante mais haute en couleurs et riche en émotions au bord du « Blue Lake », dans lequel nous ne trempons que les pieds car cette fois-ci, l’eau est vraiment glaçée!
Rotorua ville & lac – 25 novembre 2014
Nous passons notre dernière journée à serpenter la charmante et odorante ville de Rotorua. Le centre-ville et ses alentours offrent de nombreuses places de détente et représentent bien le riche passé de la ville liée à son activité géothermale.
Nous commençons notre balade dans les Government Gardens, qui abritent le très beau bâtiment du Rotorua Museum et les Blue Baths. L’activité thermale est représentée ici par la source Whangapipiro (ou Rachel Pool), dont la température avoisine les 100°C (212° F). Célèbre lieu de de détente, il se compose également de terrains de bowling (sur herbe), de pétanque et de petits bassins très mignons où nous apercevons plusieurs pukekos dont deux petits qui possèdent encore un duvet sombre et un bec noir (celui des adultes est rouge vif).
Témoins du passé, nous pouvons également y admirer de belles sculptures maories, une ancienne maison commune où les « gens de la haute » venaient boire un thé servi par des Maories en tenue traditionnelle, ainsi qu’un petit kiosque construit par un célèbre jazz band du 20ème siècle.
Notre promenade très agréable se poursuit sur les rives du lacs, ou nous croisons peu de monde mais beaucoup de canards, de cygnes noirs et même des oies. Fait amusant, un ancien bateau à roue est toujours en activité et propose des croisières sur le lac.
La fin du sentier nous amène dans le quartier d’Ohinemutu. Situé sur les rives du lac, il est « le vieux Rotorua » et a su conserver l’atmosphère d’un village maori. Il habite plusieurs maraes ainsi que de nombreux ornements sacrés magnifiquement sculptées. En plein cœur du quartier se dresse l’église St Faith’s Anglican construite dans les années 1910, qui est bel exemple d’église d’architecture maorie : les murs saut jaune pâle, le toit rouge-brun, les vitraux latéraux arborent des motifs typiquement maoris et celui du fond représente Jésus en habit traditionnel maori. Le quartier est situé sur une zone géothermale très active, aussi nous sommes entourés de bassins bouillonnants ou encore de fumerolles, et les pavés devant la marae principale ont été perforés à plusieurs endroits par de l’eau chaude jaillissant à la surface. Ces conditions particulières conduisent les habitants à inhumer leurs défunts non pas sous terre mais dans de grandes tombes blanches posées au-dessus du sol. Nous passons pas mal de temps à découvrir les lieux car nous sommes heureux de pouvoir approcher de si près l’architecture maorie d’aujourd’hui. Pour nous il est également important de constater que la culture maorie ne s’est pas fait entièrement ensevelir par la culture « occidentale » et qu’il subsiste des personnes fières de leur racines, perpétuant les traditions ancestrales.
Notre journée s’achève dans le vaste Kuirau Park célèbre pour ses activités thermiques. Nous découvrons de nouveaux bassins bouillonnants d’eau bleue aux reflets orange ou de boue odorante mais cette fois ci en plein cœur de la ville ! C’est assez surprenant. Qui plus est, plusieurs bains pour pieds, dont l’eau chaude naturelle est renouvelée quotidiennement, sont mis à la disposition des passants. Toutefois il fait encore trop chaud pour nous et nous n’y plongeons pas. Le centre du parc est une vaste étendue d’herbe et nous ne sommes pas surpris d’y retrouver des dizaines d’enfants réunis pour un tournoi de rugby.
Central Plateau
Le Central Plateau comprend la région de Taupo et le lac du même nom. Reposant dans un immense cratère, à 357 m d’altitude, ce plus grand lac de Nouvelle-Zélande s’étend sur 616 km² (plus grand que le lac Léman). Sa profondeur maximale est de 109 m. Cette région est réputée pour son activité thermique et volcanique.
Le Tongariro National Park, qui s’étend sur presque 80 000 hectares est particulièrement célèbre. Il abrite les monts Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu, trois cônes volcaniques encore en activité. L’été comme l’hiver, il offre de nombreuses possibilités de randonnée. La pêche est également une activité très importante dans le Central Plateau.
Rotorua
La ville, réputée pour son très large choix d’activités sportives et de détente, est avec Queenstown l’une des destinations majeures du pays.
Rotorua est la seule ville de Nouvelle-Zélande reconnaissable les yeux fermés en raison de l’odeur de soufre qui en émane. En entrant dans la ville, toujours en ébullition, impossible de ne pas la sentir ! Rien de plus normal puisque c’est son activité géothermale qui rend Rotorua célèbre : fumerolles, boues bouillonnantes (mud pools), sources chaudes et geysers y sont très nombreux.
Depuis la fin des années 1960 pourtant les geysers ont perdu de leur magnificence : l’énergie géothermique a été détournée au profit des hôtels souhaitant offrir de l’eau thermale chaude à leurs clients. Toutefois, le Department of Conservation est intervenu pour limiter l’exploitation privée.
En maori « Rotorua » signifie « le deuxième lac » car malgré sa taille, il n’est découvert par les Maoris qu’après le lac Rotoiti. La région, et plus particulièrement le quartier central d’Ohinemutu, est le site de prédilection de la tribu Arawa qui se range aux côtés des Européens durant les Lands Wars. La colonisation européenne de ce territoire commence tardivement dans les années 1870, mais déjà vers 1880 Rotorua constitue une attraction touristique. En 1886 l’éruption du Mont Tarawera enfouit des villages maoris sous les cendres, dont les vestiges sont encore visibles au Buried Village. Après cette catastrophe, le tourisme reprend pourtant de plus belle grâce à l’ouverture des thermes, des Spas et bien sûr aux geysers.
Whakarewarewa est une zone géothermale surplombant la ville de Rotorua. A l’origine il s’agit d’un site maori : la forteresse de Te Puia, connu pour être impénétrable. Les Maoris y résident depuis 1325 environ et tirent quotidiennement avantage de l’activité thermique de la vallée pour se chauffer ou cuisiner dans les bassins d’eau chaude. La zone regroupe 500 bassins et au moins 65 geysers dont 7 toujours en activité. Le plus célèbre est celui de Pohutu, qui signifie « explosion » ou « gros splash », dont la colonne d’eau peut atteindre les 30 m de hauteur, généralement toutes les heures.
Wai-O-Tapu
Wai-O-Tapu signifie « Eau Sacrée » en maori. La vaste zone ouverte au public n’est qu’une infime partie des 18 km² de zone thermale. Celle-ci est déclarée réserve naturelle et se trouve être la plus grande zone d’activité géothermale de la région volcanique de Taupo. Les premiers tremblements volcaniques secouèrent la région il y a 150 000 ans et les premiers signes d’activité hydrothermale apparurent il y a 15 000 ans. La zone thermale est traversée par la rivière Wai-O-Tapu qui rejoint le fleuve Waikato. Aucun poisson ne peut survivre dans la rivière en raison de la présence de nombreux composants chimiques provenant des sources chaudes.
Les couleurs prédominantes sont le jaune (soufre), l’orange (antimoine), le blanc (silice), le vert (arsenic), le rouge-brun (oxyde de fer), le noir (soufre et carbone) et le violet (manganèse).
Plus d’une dizaine de cratères se trouve dans la zone thermale. Ceux-ci mesurent plus de 20m de diamètre et plongent jusqu’à 12m de profondeur. La plupart se sont formés au cours des 900 dernières années par l’action de l’eau acide remontant à la surface du sol. Beaucoup d’entre eux sont parsemés de grands dépôts de soufre provenant de la vapeur qui s’échappe. Dans le cratère arc-en-ciel, une couche de pétrole est visible à la surface de l’eau.
La « Piscine de Champagne » est la plus grande source de la zone avec ses 60m de diamètre et ses 60m de profondeur. Elle s’est formée suite à une éruption hydrothermale il y a 900 ans. Sa température est de 74°C et les nombreuses bulles qui la composent sont dues à du dioxyde de carbone. L’étendue d’eau contient de nombreux minéraux dont de l’or, de l’argent, du mercure, du soufre ou encore de l’arsenic.
Le « Bain du Diable » est un grand cratère aux contours déchirés contenant une eau naturelle à la couleur verte étonnante. Plus il y a d’arsenic, plus le vert est prononcé.
Dans la forêt, la végétation est parfois recouverte d’une teinte orange nommée Trentepohlia, qui est également le nom d’une algue verte. Le pigment orange cache en fait le pigment vert de la chlorophylle.
Wairakei Geothermal Power Station
Wairakei est situé sur la faille volcanique qui part du Mt Ruapehu pour aller jusqu’à White Island. Le petit village de Wairakei devient une attraction touristique dans les années 1880.
Sa station électrique géothermique, commandée en 1958, est à l’époque la deuxième du genre au monde, après Larderello en Italie. La vapeur souterraine est utilisée pour produire de l’électricité à une capacité de près de 200 000 kW/h.
Huka Falls
Huka signifie « écume » en maori.
A 5km de Taupo, ces chutes sont les plus connues et probablement les plus photographiées de la région.
Hautes de seulement 11m, elles sont pourtant très impressionnantes car s’en écoulent 250 000 litres d’eau par seconde.
Taupo & Lac Taupo
Ville d’environ 25 000 habitants, située à 80 km de Rotorua, la très touristique Taupo doit son nom au lac au bord duquel elle s’est installée et développée. Celui-ci mesure 40km de long pour 30km de large et sur les rives, il est possible de distinguer au loin les sommets du Parc national du Tongariro.
Le lac est le centre « actif » de l’Ile du Nord. Il occupe le gigantesque cratère d’un ancien volcan dont la dernière éruption remonte à plus de 1800 ans. Formé à la suite d’une gigantesque explosion volcanique, le lac est maintenant irrigué par de nombreuses rivières, dont la plus grande est la Tongariro River. Il évacue ses eaux par la Waikato River, la plus longue de Nouvelle-Zélande (425 km).
Le lac est très réputé pour la pêche : régulièrement des concours nationaux et internationaux y ont lieu.
Les premiers Européens qui s’établissent dans la région, à l’origine fortement peuplée par les Maoris, sont des militaires. En effet en 1869, le gouvernement y installe une garnison pour parer à une éventuelle attaque du cher maori Te Kooti, leader de la guérilla. Cependant, les Européens n’y sont que peu nombreux jusqu’après la Seconde Guerre Mondiale. Les pêcheurs arrivent ensuite, suivis des forestiers et Taupo voit sa population augmenter avec la construction de la station géothermale.
Cette semaine n’a pas été très « busy » puisque nous n’avons pas fait une seule journée complète de 8h. Autrement dit la cadence ralentit et les économies sont toujours plus petites. Cela tombe plutôt bien car nous n’avons plus que trois jours de boulot, puis c’est les vacances ! Et quoi de mieux pour notre dernier vendredi de finir plus tôt et d’enchaîner avec un barbecue sur la terrasse de l’usine avec tout le monde ! Après de timides discussions et quelques bières, les langues se délient et les rires explosent, puis suivent les énigmes, blagues, jeu du pendu, dessins et conversations « philoso-pintées » sur la magnificence des avocats et les langues étrangères. Bref nous passons un excellent moment mémorable (un patron qui « menace » de ne pas donner de références si on ne boit pas le verre proposé c’est tout de même marquant) et nous réalisons que finalement, malgré le job monotone, nous n’avons pas vu le temps passer grâce à cette belle d’équipe.
Notre séjour dans le Northland touche donc bientôt à sa fin, et c’est le cœur un peu gros mais l’esprit tourné vers la liberté que nous préparons nos prochaines semaines sur l’Ile du Nord : la Côte Est, les volcans du Central Plateau, le calme de la pointe Sud, puis Wellington. La traversée en direction de l’Ile du Sud est prévue pour le 17 décembre et c’est donc encore plus la tête en bas que nous passerons les fêtes de fin d’année… sur la plage et au soleil !
Mercredi 14 octobre 2014
Aujourd’hui après le travail nous partons en direction des Abbey Caves avec nos compagnons de voyage F. et R. Il fait beau depuis 5 jours entiers aussi nous espérons que le passage en « eau profonde » ne sera pas trop profond justement.
Après une courte balade parmi les champs bien verts, couverts de gros blocs calcaires au formes géométriques et accueillants quelques vaches libres ou échappées, nous pénétrons dans un petit lieu boisé et rocheux au fond duquel coule un mince ruisseau. Après plusieurs minutes à chercher la grotte principale, nous trouvons enfin son entrée, pas très évidente.
Nous hésitons beaucoup avant d’y entrer car la descente n’est pas très sûre : de grands blocs semblant s’être écroulés forme une sorte d’escalier naturel pentu et très glissant. Finalement nous décidons de nous engouffrer sous terre, lampes frontales allumées. Celles-ci s’avèrent indispensables car sous terre, on ne voit absolument rien ! Le spectacle est très beau et surtout merveilleusement nouveau pour nous.
Nous avons les pieds dans l’eau puisqu’au centre du « couloir » s’étire un ruisseau, certainement le même que celui croisé à l’extérieur en contre bas. Les parois, sont très proches de nous, mais le déplacement en file indienne nous permet d’avancer facilement.
Le plafond très haut, est couvert de petites stalactites et lorsque nous éteignons nos lampes, nous apercevons quelques petits vers luisants, ou glowworms, qui ponctuent de notes blanches le noir total dans lequel nous sommes.
Nous avançons donc un peu plus loin très prudemment car il peut y avoir des anguilles dans l’eau et car parfois nous devons grimper par-dessus de beaux rochers striés, mais très glissants.
A certains endroits, nous avons de l’eau gelée qui remonte au-dessus de nos mollets, ce qui pimente encore plus l’aventure. A plusieurs reprises nous éteignons nos lampes pour admirer le plafond, qui ressemble de plus en plus un à ciel étoilé allongé. Nous arrivons finalement au milieu de la caverne, dans une espèce de « chambre très haut de plafond », où nous pouvons nous assoir sur de gros blocs pour éteindre à nouveau nos lampes et admirer cette fois une grande quantité de petits vers luisants collés aux parois. C’est spectaculaire ! Contrairement aux vers luisants qui produisent de la lumière dans un but de reproduction, ceux-là scintillent pour attirer leurs proies.
Tragiques pour ces dernières mais magnifique pour nous. Avec Alex nous n’avançons pas plus loin car le passage en eau profonde ne me rassure pas du tout : après quelques pas avec de l’eau jusqu’au nombril, je sens que le sol descend toujours et le plafond bas et l’opacité de l’eau me font rebrousser chemin. Je me réinstalle donc sur mon rocher et Alex, qui refuse de me laisser seule (ça fait très expédition périlleuse ce moment-là) s’installe à côté de moi.
Ainsi nous attendons le retour de F. et R. sous la voûte scintillante, bercés par le bruit de l’eau, puis au bout d’un certain temps, le besoin de remonter à la surface nous ramène en direction de la lumière. Nous avons sans conteste savouré cette insolite exploration souterraine non encadrée, ainsi que la découverte des fameuses galaxies cachées de Nouvelle-Zélande ! Et rien de tel qu’un bon coup d’adrénaline pour oublier le travail pénible à l’usine.
Juste pour sourire : Au détour d’une allée F. me dit sur un ton jovial et mignon « Oh regarde, une anguille », je tourne donc la tête dans sa direction pour la voir, l’éclaire horriblement fort avec ma lampe frontale qui ne fait plus qu’un avec mon corps et par pur réflexe croyant avoir à faire à un serpent d’eau je me mets à hurler du plus profond de mes cordes vocales d’un cri très (trop) aigu qui fait trembler les parois, frissonner mes complices et qui a certainement couté une mini crise cardiaque à l’innocente anguille…
Toutefois, le retour à la réalité s’est durement fait ressentir car à notre arrivée au parking, F. et R. ont retrouvé leur vitre arrière de voiture cassée et certaines de leurs affaires volées. Comme quoi, même en Nouvelle-Zélande on retrouve la connerie humaine.
Samedi 11 octobre 2014
Aujourd’hui nous avions prévu de passer notre journée devant la trilogie du Seigneur des Anneaux avec F. et R., le couple de Français avec qui nous formons un quatuor de choc. Finalement à notre grande surprise le ciel est majoritairement sans nuages et le soleil brille dans le ciel aussi nous en profitons pour sortir balader, ce que nous n’avons pas fait depuis un mois !
Et nous ne regrettons pas le moins du monde ! C’est très agréable de sentir à nouveau le soleil sur notre peau et de promener dans divers lieux de Whangarei qui a finalement beaucoup à offrir.
Notre première ballade a lieu le long de la promenade de Town Bassin qui longe le port abritant quelques dizaines de bateaux principalement à voiles. Nous tombons par hasard sur la remise de prix d’une compétition de waka, ou waka ama, et assistons à une danse maorie réalisée par l’équipe victorieuse. Ce petit imprévu nous plait beaucoup ! Nous repartons ensuite en sens inverse pour longer l’embouchure du fleuve, bordée par une dizaine de grandes sculptures contemporaines symbolisant le territoire et ses habitants, puis pour finir nous nous abritons sous la plus grande, « Waka and Wave », car évidement la pluie pointe le bout de son nez. Cette belle sculpture assez imposante rend hommage à l’arrivée des premiers colons maoris ayant accosté à Whangarei.
Une fois la pluie repartie, nous allons « observer la ville du dessus » depuis le panorama du Mt Parahaki, puis nous redescendons en direction de notre quartier pour nous arrêter dans les Quarry Subtropical Gardens. Il s’agit en fait de jardins artificiels se trouvant très certainement sur les lieux d’une ancienne carrière ou exploitation minière, au vue de tous les vestiges semés aux quatre coins du sentier. Le lieu n’est pas exceptionnel mais la ballade parmi les plantes grasses, cactus, fleurs aux superbes couleurs et autres arbres aux feuilles géantes est très agréable. Nous découvrons également un nouvel oiseau à la coiffure étrange, introduit au 19ème siècle : le California Quail ou Colin de Californie. Il est très amusant car il possède une sorte de plumeau qui pendouille au-dessus de sa tête et il court très vite malgré son corps tout rondouillet !
Nous terminons l’après-midi aux célèbres Whangarei Falls, grandes chutes d’eau situées presque au cœur de la ville, qui sont un peu boueuses en raison de la pluie qui ne s’arrête que rarement depuis plusieurs semaines, mais qui valent bien le détour !
Kamo – Du 6 septembre au 22 novembre 2014
Et voilà déjà une semaine passée à Whangarei, dont quatre jours au turbin. Il faut reconnaitre que la chance nous a souri car tout s’est fait très rapidement et sans encombre ! En cette première semaine à la packhouse, pas de travail le samedi, ce qui nous donne l’occasion d’emménager sereinement dans notre nouveau logement. Nous occupons le rez-de-chaussée d’une maison dont la propriétaire est très sympathique. Nous avons une chambre et un salon séparé ainsi qu’une cuisine bien équipée. L’ensemble est très chaleureux, cosy et nous sommes très contents de l’avoir trouvé ! C’est parti pour plusieurs semaines de vie néozélandaise posée, le temps d’économiser assez pour reprendre la route !
Le travail à la packhouse est moins difficile que lorsque nous travaillions de nuit dans l’emballage des kiwis, mais c’est toujours très répétitif et fatigant physiquement. Le point positif c’est que nous pouvons rapporter des avocats à la maison tous les jours ! En plus de cela, l’équipe plutôt réduite par rapport à celle de mai/juin est très sympathique et nous parlons beaucoup pendant les heures de labeur, histoire de faire passer le temps plus vite. Avec nous il y a un autre couple de Français venus du Nord, ainsi que deux Tchèques et des Néozélandais, principalement Maoris. Autant dire que nous échangeons beaucoup sur nos modes de vie et apprenons des extraits de nouvelles langues au détour d’un tapis roulant. Le temps passe assez vite, on s’marre bien et l’argent commence à rentrer donc nous sommes très contents.
Le printemps arrive bientôt donc nous espérons que le soleil finira par pointer le bout de son nez, afin que nous profitions de nos week-ends pour balader dans les derniers coins encore inexplorés de la région…
Whangarei Heads – Du 27 août au 6 septembre 2014
Après trois jours très reposants à Omapere, nous longeons la côte Ouest du Northland par la State Highway 12, rentrons dans les terres intérieures afin de nous arrêter au Kauri Museum et pour finir nous rejoignons Whangarei par la route déjà empruntée deux semaines auparavant.
En entrant dans le Kauri Museum, nous avons l’impression de pénétrer dans un monde parallèle où nous remontons le temps à l’époque des premiers colons européens venus exploiter le bois et la résine de kauri. Le musée est très grand et renferme des dizaines et des dizaines de vieux outils et d’anciennes machines aujourd’hui restaurées, dont certaines fonctionnent toujours.
La plupart de ces objets sont mis en scènes dans des reconstitutions assez bien réalistes, où ils sont utilisés par des mannequins de cire.
Ainsi nous découvrons la vie quotidienne des travailleurs du 19ème siècle au travers plusieurs volets : un atelier de coupe des arbres et de taille des morceaux, une forge, une petite exploitation laitière, une immense scierie, une maison d’époque emplie d’objets et de mannequins en action (dentistes, banquiers, marchands, infirmières, couturières, enfants…), etc.
Le musée expose également une quantité importante de photos d’époque en noir et blanc illustrant les tâches difficiles et au combien dévastatrices des bucherons, ainsi que d’innombrables objets en bois de kauri. La fin de la visite se situe dans la pièce réservée à la kauri gum, c’est-à-dire la résine de l’arbre, si convoitée par l’homme : des centaines de pièces sculptées, polies ou brutes sont posées sur du velours et présentées dans des vitrines. Il faut des millions d’années à la résine pour devenir de l’ambre et plus celui-ci est pure, limpide, plus il est vieux. Nous passons ainsi un après-midi amusant et très instructif. Grâce à cette visite, ainsi qu’à celle du Gumdiggers Park, nous savons quasiment tout du passé des anciennes forêts de kauri, aujourd’hui presque entièrement disparues.
Depuis 3 jours que nous sommes arrivés au Holiday Park, situé à 15 minutes de la ville et au bord du Whangarei Harbour, il pleut des cordes, ou « des chiens et des chats » comme disent les britanniques. Les facilités se trouvant dans un bloc extérieur (donc différent de notre cabine) ce n’est pas très pratique, mais c’est aussi ça les « joies » du voyage.
Nous profitons de ce mauvais temps pour nous reposer un peu et mettre à jour notre site.
En début de semaine nous partons remplir un formulaire d’embauche pour une packhouse dont l’équipe est déjà formée, mais qui anticipe les départs fréquents des voyageurs qui partent avant la fin de la saison. Nous espérons donc avoir un retour rapidement afin d’économiser de nouveau et de découvrir l’empaquetage des avocats ! Ensuite, direction la Galerie d’Art de Whangarei qui présente quelques œuvres du musée de Te Papa (Wellington) et une superbe exposition d’art taiwanais.
Pour finir, nous nous rendons au Claphams National Clock Museum qui renferme une originale et riche collection de plus de 1300 horloges et boîtes à musique. Certaines sont étonnantes, d’autres extravagantes, et les boîtes à musique du 19ème siècle, qui fonctionnent encore, sont tout simplement remarquables.
Nous nous amusons beaucoup et tels des enfants nous courons d’un coucou à l’autre pour découvrir les mécanismes des horloges et les animations des petits automates.
Et bien nous voilà embauchés pour de bon ! Enfin !! La seule packhouse visitée nous rappelle le lendemain à 8h00 sans crier gare pour nous demander si nous pouvons commencer maintenant ! Nous répondons par l’affirmatif et partons à vive allure nous mettre au travail. Nous empaquetons maintenant des avocats par milliers. Le boulot est un peu moins « rapide » que celui des kiwis mais nous sommes toujours à fond la caisse pour remplir des caisses ! L’équipe n’est pas très grande et très sympathique donc tout va très bien et nous sommes très heureux. Nous avons déjà trouvé un logement pour les semaines à venir, plus cosy, intime et moins cher que le Holiday Park aussi nous avons hâte d’y emménager ! Le temps d’économiser de l’argent, un mois voire deux, nous pourrons finir nos escapades en Northland avant de reprendre la route vers le Sud !
Whangarei
Ville principale du Northland, Whangarei est située à 160 km d’Auckland sur le Whangarei Harbour.
Centre commercial et industriel de toute la région, son économie repose essentiellement sur l’agroalimentaire et les produits pétroliers, avec à 30 km de la ville, la raffinerie de Marsden Point, seule raffinerie d’huile de Nouvelle-Zélande. Elle est surnommée « Port chéri » car dès les premiers temps elle fournit les Maoris en poissons. Les premiers Européens s’y installent en 1839 et la ville prend son essor grâce à l’industrie du bois de kauri. Pendant les guerres entre Maoris et Européens, une grande partie de la population quitte les lieux. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville connait une nouvelle période de prospérité grâce à son port. Elle est aujourd’hui réputée pour l’entretien et la réparation des bateaux de plaisance. Son climat est subtropical, avec 2000 heures de soleil et 1555mm de pluie par an.
Les alentours de Whangarei proposent des décors superbes, surtout le long de la côte. A Bream Bay, Whangarei Heads et Tutukaka (petit port de pêche) se trouvent de superbes plages de sable blanc.
Le Mt Parahaki (214m d’altitude) domine Whangarei et offre une superbe vue sur la ville ainsi que sur son port. Il porte également l’un des plus grands anciens pa de Nouvelle-Zélande et le Parahaki War Memorial.
Whangarei Art Museum
Le Whangarei Art Museum est le seul musée public du Northland. Il abrite une riche collection d’œuvres et objets d’art historiques et contemporains. Il accueille parfois des expositions nationales et internationales ambulantes.