Pour le tournage de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson a demandé à plusieurs artisans de lui proposer un design pour l’Anneau Unique. Jens Hansen, bijoutier à Nelson, lui en a présenté 15 et c’est l’un d’entre eux qui a été retenu. Décédé en 2001, il n’a jamais pu voir son travail à l’écran, mais ses deux fils ont repris la bijouterie et perpétue la tradition.
Le Bois de Chet – Takaka Hill
Pour explorer le Bois de Chet, il faut se rendre dans le parc national d’Abel Tasman et passer Takaka Hill (972 m), dont le sommet arbore de grands pitons rocheux de marbre.
C’est dans cette forêt aux arbres fantomatiques et parsemée de blocs de marbre érodé qu’Aragorn conduit les Hobbits après leur départ de Bree. Une scène où Frodon et Sam quitte la Comté a également été filmée ici.
Bien décidés à profiter de l’été avant d’entamer notre travail dans les vergers de kiwis, nous partons en direction de Takaka, le coeur de la région la plus ensoleillée de Nouvelle-Zélande, la Golden Bay.
Takaka – 26 décembre 2014
La distance depuis Motueka n’est pas très longue aussi nous arrivons en tout début d’après-midi, ce qui nous laisse le temps de profiter des lieux dès notre première journée.
Tout d’abord, direction Totaranui Road dans le but d’accéder au sentier à travers la « jungle » et longeant la rivière qui nous permet d’atteindre la très belle cascade de Wainui en moins d’une heure de marche. Après un deuxième passage sur le pont suspendu très étroit et une petite escale sur un rocher pour tremper nos pied dans l’eau glacée mais néanmoins rafraichissante du cours d’eau, nous repartons vers une autre petite réserve naturelle, celle de The Grove.
Un petit chemin nous conduit ici jusqu’à une plateforme offrant une large vue sur les vastes plaines dorées de la région de Takaka, à travers une série grands blocs calcaires, dont les formes étranges ont été façonnées par l’eau. Les racines tentaculaires des nombreux rata créent une atmosphère menaçante, laissant présager une attaque de corsaires à la recherche de trésors. Habituellement, le rata se développe sur les hautes branches des vielles forêts usées par le temps. Dans la réserve The Grove cependant, les végétaux au sommet des blocs calcaires sont en nombre suffisants pour que l’arbre prenne racine, et plus celui-ci croît, plus ses racines s’étendent vers le bas, empoignant les rochers telles des mains de géant. Le nikau, sorte de palmier néozélandais, est également très présent dans la réserve. Durant une grande partie de la ballade, nous nous retrouvons ainsi plonger dans un décor digne du film « Pirates des Caraïbes ».
Pour clôturer l’après-midi, nous nous rendons dans le parc des Labyrinth Rocks, et pendant près d’une heure nous nous perdons dans les petits canyons tourmentés de blocs calcaires. Formés il y a plus d’un million d’année, ils sont un bel exemple de karsts, formations géologiques façonnées par l’érosion (chimique et hydraulique) et présentant pour la plupart un paysage aux reliefs ruiniformes.
Le labyrinthe naturel assez spectaculaire, est géré par des volontaires qui ont parsemé les rochers de jouets et parfois d’os et de crânes de grands animaux. Nous nous amusons beaucoup à tourner-virer sur les nombreux sentiers ainsi qu’à passer dans les petits tunnels nous permettant d’accéder plus rapidement à la sortie, qui n’est pas trop difficile à retrouver.
Takaka – 27 décembre 2014
Le lendemain nous prenons la route en direction de la pointe Nord de l’Ile du Sud, le Cape Farewell.
Première étape, le Farewell Spit. L’accès au public sur cet immense banc de sable est limité car il abrite des milliers d’oiseaux marins, toutefois nous pouvons nous avancer sur 6km.
Le côté Est donne sur le littoral intérieur : à notre gauche, d’immenses arbres embaument l’air d’une odeur de résine, à droite, l’eau turquoise et très chaude est la demeure de beaux cygnes noirs et de petits crabes que nous évitons avec précaution lorsque nous trempons nos pieds. Nous traversons ensuite le Spit à travers les champs bien secs et les petites étendues de buissons et de tea tree pour nous rendre de l’autre côté. Ici, la côte donne sur la mer de Tasman, dont les vagues déchainées s’étirent sur une plage de sable fin cerclée d’immenses dunes. Sur plusieurs kilomètres, nous sommes les seuls à profiter du tableau : un vrai régal. Tout au bout de la plage se trouvent des falaises calcaires ocrées que nous approchons afin d’en observer le détail. A notre grande surprise, nous nous retrouvons côte à côte avec plusieurs otaries, que nous n’avions pas vues, ou plutôt que nous avions prises pour des rochers, sans trop y faire attention.
Imaginant la première échouée, car immobile, je m’approche au plus près d’elle et tente de prévenir Alex de la possible présence d’autres individus bien vivants. Mon puissant cri aura stoppé brutalement son sommeil et c’est d’un bond qu’elle se relève et par la même occasion me signifie qu’elle n’est pas morte mais simplement en train de se prélasser au soleil.
En ni une ni deux je m’enfuis à grande hâte vers Alex, qui rit beaucoup de la situation, et nous constatons finalement que nous sommes encerclés. Le fait est qu’une fois qu’on en voit une, on voit toutes les autres ! C’est donc sur la pointe des pieds que nous frôlons la falaise pour retourner vers le sentier. A priori elles ne sont pas agressives mais sur le sable elles ont surement l’avantage. Pour retrouver le parking, nous devons passer à travers de grands champs dont l’un est rempli de vaches et de veaux, préférant brouter l’herbe tendre plutôt que nous prêter attention.
Nous terminons la journée par un détour au fameux Cape Farewell, point le plus à l’Est de l’Ile, puis nous partons à Wharariki Beach, toute proche. Après un petit quart d’heure à serpenter les collines, nous atterrissons sur cette superbe plage de sable blanc, couverte de grandes dunes et offrant une superbe vue sur de hautes arches dressées à l’horizon, falaises de granite sculptées par les vagues.
Ici, nous jouons avec les méduses échouées sur la plage, cherchons des trésors et évitons les oystercatchers couvant leurs œufs. Ces oiseaux marins au long bec orange sont très farouches habituellement mais sont en fait très protecteurs voire agressifs lorsque nous nous approchons trop près de leur œuf, niché dans le sable en plein milieu de la plage.
Évidemment nous n’avons pas peur d’eux car leur taille est tout de même ridicule, pourtant, nous faisons de grands détours pour ne pas trop les inquiéter. Un moment, profitant d’un envol soudain pour chasser une mouette pourtant très loin, nous parvenons à approcher un œuf de très près. Généralement, lorsqu’un œuf est repéré par une personne, celle-ci signifie sa position aux autres passants afin d’éviter que quelqu’un marche dessus. Ici l’œuf est entouré de quelques petites branches de bois flotté cependant nous ne pouvons pas en mettre d’avantage car le paternel (bien souvent la femelle couve et le père défend le territoire) revient vite à la charge et nous nous enfuyons bien vite pour ne pas être pris sur le fait.
Takaka – Du 28 décembre 2014
Pour notre dernier jour à Takaka, le ciel est très couvert et chargé de gros nuages sombres. Nous décidons donc de nous consacrer à des balades en forêt plutôt que sur la plage, afin d’être quelque peu abrités des averses (ici elles sont appelées showers).
Nous partons donc dans la forêt luxuriante en direction de Rawhiti Cave. L’ascension est très rude et nous rappelle nos efforts pour atteindre le Red Crater du Tongariro Crossing. Comme pour ce dernier, la peine en vaut la chandelle car nous débouchons sur l’entrée d’une vaste grotte, parsemée de milliers de stalactites et stalagmites.
Rouge, écru, noir, violet, les couleurs détonnent et impressionnent. Les formations géologiques retrouvées ici sont des phytokarsts et sont une caractéristique nationale car très rares en Nouvelle-Zélande. Le phénomène résulte du « travail » des végétaux et du calcaire qui s’associent pour sculpter les stalactites et les stalagmites. La grotte et son relief ont été formés par la Dry River, ruisselant maintenant beaucoup plus bas, il y a un million d’années ou plus. La vaste entrée permet au soleil de pénétrer au plus profond de la grotte durant les fins de matinée d’avril à septembre. Le nom de la grotte est d’ailleurs tiré de cette particularité : rawhiti signifiant « lever de soleil » en maori. Nous sommes en fin d’après-midi et le temps est pluvieux, toutefois le décor est tout simplement superbe.
La pluie arrive pendant que nous redescendons et malgré la couverture végétale, nous sommes trempés en arrivant en bas. Pourtant nous n’avons pas froid, bien au contraire, la chaleur estivale étant toujours bien présente. Avant de rentrer nous sécher, nous nous rendons à plusieurs kilomètres au Nord de la ville où se trouvent les Pupu Springs, sources froides d’une rare pureté.
Issues d’un large réseau souterrain, ces sources d’eau douce sont les plus grandes du pays (et de l’hémisphère Sud) en termes de volume. En effet, il en jaillit 14 000 litres par secondes, lesquels vont se déverser dans la rivière Takaka. Les lieux sont considérés comme un « taonga » (trésor) pour les Maoris et sont « tapu » (sacrés), d’un haut intérêt culturel et spirituel.
Par le passé, les tribus venaient y bénir les nouveau-nés ainsi que les voyageurs avant leur départ et à leur retour. En arrivant devant l’étendue d’eau, nous comprenons bien pourquoi ces sources sont considérées comme un trésor car leur transparence est à couper le souffle. Le fond est parfaitement visible et les maigres rayons du soleil qui transpercent les nuages font scintiller le sable et les petits cailloux qui le composent. C’est tout simplement magique.
Golden Bay
Takaka Hill sépare la Tasman Bay de la Golden Bay. Située à l’extrémité Nord-Ouest de l’Ile du Sud, cette région est un véritable havre de paix.
Takaka
Centre administratif de la Golden Bay, ce village d’environ 1500 habitants a été fondé en 1854 et s’est développé grâce à l’exploitation de marbre et à la découverte de métaux précieux (or, argent, cuivre, fer) dans les Takaka Hills.
Aujourd’hui le village est réputé pour son mode de vie alternatif qui attire une grande communauté hippie et de nombreux artistes.
Collingwood
Collingwood est un grand hameau de 220 habitants.
Dans les années 1850, lorsque les gisements d’or attirent les orpailleurs en nombre, la commune sert de port. Le métal jaune y attire 2500 pionniers et en l’espace d’un an la ville compte 4000 résidents. Cependant l’épuisement des gisements est fatal à la ville et elle ne subsiste encore aujourd’hui que parce qu’elle se trouve sur la route de Farewell Spit.
Farewell Spit
Avec son interminable banc de sable et sa réserve ornithologique incroyable, Farewell Spit est une attraction très populaire de la Golden Bay.
Le Farewell Spit, en français « isthme de Farewell », est un cordon de littoral partant de l’extrémité Nord de l’Ile du Sud de Nouvelle-Zélande, le cap Farewell. Son nom maori est Tuhuroa.
Le Farewell Spit forme le côté Nord de Golden Bay. C’est le plus long banc de sable de Nouvelle-Zélande, qui s’étend sur environ 25 km au-dessus du niveau de la mer et de 6 km sous l’eau. Farewell Spit est fait de sable fin et doré. L’érosion des falaises en sable fin par les courants de la mer provoque le déplacement de Farewell Spit à l’Est.
Chaque année plus de 100 espèces d’oiseaux se donnent rendez-vous sur cette langue de terre. Environ 20 000 individus partent d’ici en automne pour leur migration annuelle en direction de la Sibérie et de l’Alaska. Une colonie de fous de Bassan d’environ 2000 individus s’est installée à l’extrémité du Spit, au-delà du phare, depuis 1983.
Aujourd’hui départ de Wellington. Après un lever très matinal et une croisière paisible d’un peu moins de 3 heures, nous approchons enfin de l’Ile du Sud.
Depuis ce matin nous sommes exaltés car c’est une petite traversée pour le ferry mais un grand bond pour nous, puisque nous allons découvrir la deuxième Ile qui compose ce beau pays. L’approche est superbe car nous effleurons les vallées submergées des célèbres Marlborough Sounds.
Picton, la porte d’entrée de l’Ile du Sud, est cerclée de hautes collines recouvertes par le bush et se trouve être en fait un petit village très calme. Lors de notre arrivée dans le port nous apercevons des centaines de petites méduses blanches qui ondulent sous la surface de l’eau, présageant le signe d’une terre (et d’un océan) encore plus sauvage, ce qui nous enchante.
Le backpacker que nous avons réservé est un petit havre de paix situé un peu plus haut que le village, tout à côté d’une paisible crique et juste en face de la marina. Les deux prochains jours seront pluvieux mais nous ne sommes pas déçus car nous avons beaucoup à faire (« le dessous des cartes ») et cela nous permettra de nous reposer après ce mois de road trip à la fois épique et enchanteur. Pour finir, nos maigres économies doivent à nouveau être rehaussées, aussi nous profiterons de la pluie pour chercher un travail, de préférence dans la partie de Marlboroug connue sous le nom de « Golden Bay »… Un nom qui fait plutôt rêver.
Finalement, les nuages se dissipent quelque peu pour notre dernier jour, aussi nous partons un peu plus haut pour découvrir le Karaka Point, où se trouvent des vestiges d’habitations maories. Le lieu n’était pas un pa permanent mais plusieurs tribus sont venues passer quelques étés ici. Les restes des creusements pour les sous-bassement des maisons sont très évidents et nous sommes contents d’en voir pour la première fois. Aucune fouille archéologique n’a eu lieu, ce qui explique aussi l’état de conservation plutôt correct. Alex lui-même est en admiration. Après la courte balade historique nous descendons le promontoire en direction d’une plage de galets. Le soleil commence à disparaître et la température de l’eau, beaucoup trop froide, font s’envoler tous nos espoirs de baignade. Nous passons un petit moment à « bronzer » sous les nuages puis repartons vers notre paisible backpacker pour nous préparer au départ.
Demain nous irons en dessus de Nelson, à l’entrée du parc d’Abel Tasman. Nous n’avons eu qu’une seule réponse pour du travail et rien n’est certain. Toutefois, nous commençons à connaitre les employeurs Kiwis et décidons de nous y rendre pour nous montrer car c’est ce qu’ils préfèrent. Si cela ne donne rien, alors nous changerons nos plans et partirons en direction de l’Otago, plus au Sud, où le travail ne manque pas. Ainsi nous passerons Noël à Motueka, en espérant que le temps estival s’installe pour de bon et que nous puissions nager dans le Pacifique le 25 décembre. Un cadeau plutôt sympathique…
Picton
En arrivant par le Ferry qui relie les deux îles, Picton est la première ville de l’Ile du Sud que les voyageurs découvrent.
Son attraction majeure est offerte par les Sounds, qui se visitent à pied, en 4×4, en avion mais surtout par bateau ou kayak, le moyen le plus pratique et le plus agréable.
Marlborough Sounds
Sublimes et mystiques, les Marlborough Sounds constituent l’attrait majeur de la région de Picton. Le principal est le Queen Charlotte.
Depuis Picton part la Queen Charlotte Drive qui fait le tour des collines en longeant les Sounds sur lesquelles elle offre de superbes vues. Elle est très sinueuse et nécessite du temps, surtout si l’on s’arrête à tous les points de vue. Juste après The Grove, commence la route pour Anakiwa d’où part le Queen Charlotte Walkway qui mène à Ship Cove, lieu où le capitaine Cook accoste pour la première fois dans l’Ile du Sud.
Endeavour Inlet connait son heure de gloire dans les années 1880 lorsque de l’antimoine y est découvert puis exploité. L’antimoine est l’un des métaux sur lequel les alchimistes ont beaucoup travaillé. Sa couleur blanche et son éclat métallique leur firent penser que sa transformation en or serait possible. Mais toute la richesse des Sounds se trouve dans sa nature.
Cette région qui englobe tout le Nord de l’Ile du Sud peut être divisée en deux parties : la région de Marlborough à l’Est (les Sounds, Picton, Blenheim) et la région de Nelson à l’Ouest, qui comprend trois parcs nationaux : Abel Tasman National Park, Nelson Lakes et Kahurangi National Park.
Avant l’arrivée des Européens, le Nord de l’Ile du Sud est peuplé de Maoris, dont le nombre se réduit considérablement à la suite de longues guerres inter-tribales.
Les premiers colons arrivent en 1841 avec la New Zealand Company. Une année plus tard, ils sont déjà plus de 3000 installés sur le site actuel de Nelson. Le besoin en nouvelles terres se fait rapidement sentir, surtout pour l’élevage, aussi les Européens commencent à coloniser la Wairau Valley appartenant aux Maoris. Le 17 juin 1843, 50 Européens se rendent dans la vallée afin de négocier l’achat des terres avec le chef de tribu. La discussion dégénère et beaucoup sont tués. Cette bataille est connue sous le nom de « Wairau Affray Massacre », et les Européens ont reconnu plus tard être à l’origine des débordements. Finalement, des terres sont acquises en 1847 et Picton est construit un an après.
En 1857 la région connait un bel essor grâce à la découverte d’or à Collingwood. Quelques années plus tard, dans les années 1860, Picton et Blenheim se disputent le statut de capitale de la région et s’est finalement Blenheim qui l’emporte.
Notre journée du 12 décembre est une journée parfaite. Tout d’abord car nous quittons notre minuscule cabine du Lake Ferry pour nous rendre dans la Capitale, Wellington. Sur la route, en plus de découvrir plusieurs lieux de tournage du Seigneur des Anneaux, nous tombons par hasard sur une fromagerie où nous entrons d’abord nous emplir les narines de l’odeur du fromage. Évidemment nous craquons et nous en offrons plusieurs, dont de la tome de chèvre, grande première pour nous en Nouvelle-Zélande. Notre pique-nique du midi en plein milieu de Foncombe, est un vrai régal ! Sans parler de fromage, le lieu attire beaucoup de monde, dont des touristes suivant un guide privé. Nous voyons ainsi une dizaine de personnes se déguiser en Legolas (perruque blonde, oreilles pointues et arc en bois) juste à côté de nous et prendre la pose au pied d’un arbre utilisé dans une scène. C’est très amusant.
Pour finir en beauté, nous partons en début de soirée vers le centre-ville pour nous rendre au cinéma de l’Embassy, qui a accueilli plusieurs premières des deux trilogies de P. Jackson, afin de regarder le dernier volet du Hobbit.
Nous sommes un peu déçus car la façade n’est pas décorée et car nous ne recevons aucun cadeau promotionnel, mais nous nous consolons vite car l’intérieur de la salle est superbe (digne d’un théâtre parisien), les fauteuils extrêmement confortables, et la qualité visuelle parfaite. Les dialogues ne sont pas non plus très sophistiqués mais nous sommes heureux de constater que notre anglais s’est grandement amélioré puisque nous les comprenons bien (et sans sous-titres !).
Ah oui, ici ils ne connaissent pas le pop-corn sucré, aussi nous sommes très chagrinés lorsque nous avalons notre premier grain, salé ! Le film est toutefois très réussi et nous sommes heureux d’avoir pu le découvrir dans sa ville d’origine. D’ailleurs dans les prochains jours nous verrons les ateliers de la Weta ainsi que les studios où ont été tournés les films… Nous sommes impatients !
Même si nous venons d’arriver, nous constatons que Wellington est une capitale plutôt intime et calme. Nous sommes vendredi soir et il n’y a pas foule. Les bars sont pleins et très animés, mais les rues sont plutôt aérées, ce qui est assez surprenant. Le downtown est encerclé de hautes collines ce qui explique son développement limité : au cœur se trouvent de grands buildings ainsi que des petites boutiques et autour, des maisons à l’architecture coloniale sur plusieurs étages sont bâties à flanc de colline. Notre backpacker est d’ailleurs situé tout en haut d’une pente, ce qui est pratique pour aller en ville mais plutôt fatigant à remonter 😉
Te Papa Museum – 13 décembre 2014
Nous consacrons notre deuxième jour à la visite du Te Papa museum. C’est l’un des meilleurs musées que nous ayons pu visiter (Europe comprise). Son architecture intérieure est moderne et très bien pensée, les nombreuses expositions très intéressantes, les informations fournies très claires et toutes les salles sont parsemées de dispositifs interactifs ludiques, qui permettent d’en apprendre toujours d’avantage !
En une après-midi, nous ne visitons « que » l’étage consacré à l’art contemporain et les deux étages présentant l’histoire du pays (des premiers habitants en passant par la colonisation européenne pour finir à nos jours). Nous devons donc revenir le lendemain pour explorer les salles consacrées aux sciences et à la nature. Nous pouvons nous le permettre car autre point très positif : il est entièrement gratuit ! A ce niveau-là, Paris devrait suivre son exemple…
Pour les fans des trilogies de P. Jackson : c’est à notre grande joie que nous découvrons dans ce musée une statue grandeur nature d’Azog superbement bien faite et plusieurs costumes d’Elfes.
Art Gallery et Te Papa Museum – 14 décembre 2014
Aujourd’hui nous repartons donc en direction des grands musées de Wellington. Nous commençons par la galerie d’art, elle aussi gratuite, qui présente à l’heure actuelle une exposition de photographies. Nous n’avons pas beaucoup aimé le concept choisi par l’artiste, mais certaines photographies présentées nous ont beaucoup plu.
Il y avait également de très belles robes portées par les modèles qui valaient plus le détour que les photographies elles-mêmes.
Ensuite retour à Te Papa Museum pour visiter les étages consacrés à la faune et à la flore néozélandaises, ainsi qu’à une exposition présentant la transformation du paysage depuis l’arrivée des hommes. Depuis l’anéantissement du moa par les Maoris jusqu’à l’extermination de superbes oiseaux en vue de réutiliser leurs becs étranges pour concevoir des broches et autres bijoux immondes au 19ème s, cette exposition est très intéressante mais se veut aussi déstabilisante car nous prenons réellement conscience de l’impact de l’Homme sur l’environnement. Plus que ça, les centaines de noms listant les espèces disparues renvoient aux espèces actuelles menacées et cela est effrayant. Toutefois il est bon de constater que certaines personnes font beaucoup d’efforts pour réduire cet impact. Bel exemple en Nouvelle-Zélande, celui du Kakapo, qui avait presque disparu il y a quelques années, mais qui compte bientôt presque une centaine d’individus (dans des réserves hautement surveillées). Pour l’anecdote, il s’agit d’un perroquet pas très futé qui ne parvient pas toujours à se reproduire, les mâles ayant pour fâcheuse habitude de sauter sur tout… ce qui ne bouge pas, comme les cailloux ou des têtes de rangers ! Une « mission copulation » a même été mise en place pour aider les oiseaux à procréer. Des voitures électriques déguisées aux casques en silicone pour recueillir le sperme, tout a été mis en œuvre pour aider l’espèce à se développer. La vidéo explicative est très amusante à voir et tout ce que nous leur souhaitons, c’est qu’ils parviennent à prospérer de nouveau.
Wellington et la Terre du Milieu – 15 décembre 2014
En ce dimanche ensoleillé nous prenons la voiture et partons dans la matinée pour le quartier de Miramar, que tous les fans du Seigneur des Anneaux et du Hobbit connaissent, car c’est ici qu’ont été réalisées les deux trilogies de P. Jackson. Et nous sommes nous-mêmes tout excités à l’idée de découvrir les ateliers de la Weta.
Weta Workshop est une entreprise fondée en 1986 et spécialisée dans les effets spéciaux pour le cinéma et la télévision. Sa renommée est devenue mondiale grâce à la trilogie du Seigneur des Anneaux pour laquelle elle a produit des ensembles, costumes (vêtements, maquillage, cheveux, poils…) armures, armes, créatures et maquettes de toutes tailles.
De l’extérieur, les bâtiments ressemblent à de petits entrepôts quelconques, mais dès que nous approchons, nous reconnaissons immédiatement la « touch » de la boîte : deux petits dragons en fer soutiennent l’enseigne et dans le petit jardinet se dressent les 3 trolls de Bilbo changés en pierre par le soleil. Ils ne sont pas aussi grands que dans le film mais sont déjà très impressionnants !
Nous enchainons par la visite guidée des ateliers. Aucune photo n’est autorisée à l’intérieur car les équipes travaillent sur des projets dont même la bande annonce n’est pas encore sortie… question de marketing, entre nous c’est bien dommage ! Nous ne visitons pas les ateliers en eux-mêmes mais une petite partie qui a été aménagée pour les visiteurs.
Durant un peu moins d’une heure le guide nous montre dans les grandes lignes les étapes de conception des accessoires, des costumes, des maquettes, etc, en nous donnant de nombreuses anecdotes sur les films.
Nous pouvons aussi saisir à pleine main l’énorme pistolet alien de « District 9 » ou encore palper les différents types de cotte de mailles composant les armures. Nous pouvons apercevoir un forgeron à l’ouvrage et passons devant les imposantes machines automatiques qui sculptent les moules façonnant les accessoires. Nous pouvons également admirer un des costumes du dernier « Spiderman », entièrement réalisé grâce à une imprimante 3D ! Il a fallu plusieurs semaines avant que toutes les parties du costume soient imprimées…
La visite est très instructive même si nous ne saisissons pas tout ce qu’il raconte. Et le tour ne s’arrête pas là, puisque nous pouvons nous émerveiller devant toutes les créations du Weta Workshop qui sont accrochées aux murs !
En effet, nous sommes entourés de casques, masques, épées, flèches, dessins, peintures, costumes, maquettes ou encore sculptures. Comme un musée bric-à-brac en l’honneur de tous ces ouvrages, la plupart réalisés pour le Seigneur des Anneaux, dont le costume gigantesque de Sauron, mais aussi pour d’autres films, comme King Kong, Narnia, Avatar ou encore Tintin. Nous en prenons plein les yeux. Nous finissons la visite par une exploration de la Weta Cave, qui est une petite boutique dédiée aux réalisations du Weta Workshop. Plus un musée qu’une boutique, ici aussi nous ne savons pas où poser le regard tellement il y a de choses : figurines, miniatures, cartes de la Terre du Milieu, recettes de Hobbit, photos, bijoux elfiques, livres, etc. A l’arrière, une petite salle sombre décorée d’armures nous plonge dans l’univers de la Weta et de ses films. Nous en apprenons beaucoup et découvrons avec étonnement qu’elle a participé à la réalisation d’un grand nombre de films que nous connaissons. Bref notre matinée se déroule à merveille et nous sommes enchantés.
Après ça, direction l’aéroport de Wellington pour découvrir les installations gigantesques des ateliers : un Gollum sortant du mur essayant d’attraper un poisson, deux aigles géants dont un chevauché par Gandalf et pour finir Smaug le Terrible pointant son museau vers le terminal des arrivées. C’est extraordinaire ! Toutes ces créations sont superbement réalisées et semblent plus vrai que nature ! Nous sommes dans l’aéroport mais pour autant nous n’avons pas l’impression d’y être. Nous faisons ensuite un arrêt dans un quartier tout proche : Lyall Bay. Nous nous trouvons à 15 minutes du centre-ville et pourtant nous sommes au bord de l’Océan. Un charme indéniable de Wellington : capitale tranquille aux longues plages.
Pour finir la journée, nous nous rendons au sommet du Mount Victoria pour contempler un large panorama sur Wellnigton et ses environs, puis nous redescendons un peu plus bas, en pleine forêt de pins pour retrouver des lieux de tournage du Seigneur des Anneaux. Encore une fois, cela est très agréable de pouvoir se détendre dans la nature alors que nous sommes toujours au cœur de la ville.
Aujourd’hui nos deux acolytes français F. & R. sont arrivés à Wellington. Le temps de poser quelques affaires au backpacker et nous revoilà partis vers le centre pour une petite soirée sympathique entre compagnons de voyage.
Wellington – 16 décembre 2014
Nous consacrons notre dernier jour dans la capitale à la visite de ses rues, ses jardins et aux derniers musées de la ville.
Nous partons de l’auberge en direction du centre économique et politique, où nous serpentons à travers les femmes et hommes d’affaires en costume et petits tailleurs, courant dans tous les sens dans le but de trouver un restaurant afin de pouvoir luncher. Nous, nous marchons tranquillement, le nez vers les hauts buildings qui composent le quartier.
Notre première étape consiste à prendre le Cable Car, célèbre funiculaire rouge de Wellington qui vient à bout de 122 m de dénivellation en moins de 5 minutes. La ligne est mise en service en 1902 puis le train et les vieilles voitures sont modernisés en 1979. Ils nous conduisent aux jardins botaniques de la ville : 25 hectares de nature, forêt protégée, collections végétales, expositions florales et vues panoramiques sur Wellington.
Nous déjeunons là-haut puis redescendons avec F. & R. par le sentier parfumé qui longe les différents espaces colorés. La promenade bucolique ne dure pas très longtemps et en peu de temps nous nous retrouvons de nouveau dans les rues animées de Wellington.
Nous arpentons les environs en découvrant de vieux bâtiments plein de charme, l’ancien parlement tout en bois, la Wellington Cathedral très sobre et massive, l’église Old St Paul datant de 1866, au plus bel intérieur en bois du pays, et pour finir l’imposante gare en briques rouges située tout à côté de la marina. Nous approchons également l’actuel parlement néozélandais composé de plusieurs bâtiments : la Parliament House de 1918, où se déroulent les débats, la Parliament Library, de style néo-gothique, et enfin The Executive Wing, plus communément nommée The Beehive (« la ruche ») terminée en 1982 et qui abrite les bureaux des ministres.
En fin d’après-midi, nous visitons rapidement la Galerie des Portraits qui présente l’histoire de la Nouvelle-Zélande par le biais de grandes peintures et photographies d’époque et contemporaines. Puis nous partons découvrir le musée de la ville, où nous apprenons le riche passé de Wellington, sur terre et mer, et où nous testons à bout de bras l’évolution des systèmes de poulies des bateaux à travers les siècles.
Notre « marathon » s’achève par la dégustation d’un cornet de glace sur les quais.
Nous passons notre dernière soirée à Wellington aux abords d’un terrain de criquet, sport très populaire ici, à discuter de voyages et d’histoires de voyageurs avec F. & R.
Nous avons beaucoup aimé Wellington et malgré notre court séjour, nous avons pu découvrir l’essentiel de ses facettes. C’est une ville très agréable, à la fois tranquille et peine de vie, cernée de nature et qui a énormément à offrir. Finalement, tous les ingrédients pour confectionner une capitale parfaite.
Wellington
Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande depuis 1865, est également le centre géographique du pays. Situé dans le Lambton Harbour, elle est entourée de collines qui offrent de superbes vues sur le port, mais qui ont limité son expansion.
Lambton Harbour est l’un des plus beaux ports en eaux profondes que l’on puisse trouver au monde. Il doit sa formation à l’activité volcanique de la région. Le centre-ville occupe la seule partie plate et tout le reste, principalement les zones résidentielles, s’accroche à flanc de colline. Le Lambton Harbour (ou Wellington Harbour), vaste de 18km², est situé au bord du détroit de Cook Strait (entre les deux îles), région réputée pour ses vents forts et fréquents.
Wellington est souvent appelée « Windy City », car le vent y souffle à plus de 63km/h environ 200 jours par an. La ville est d’ailleurs sujette à des brusques changements de temps en raison de vents d’Ouest constants. Ici les températures peuvent varier de 13,4° à 20,3° C en été et de 6,2° à 11,3° C en hiver.
Selon la tradition maorie, la découverte du Wellington Harbour revient au grand Kupe. Cependant, les terres qui s’étendent autour du port actuel sont d’abord peuplées par la tribu de Tara, chef maori. Son père, Whatonga, installé avec les siens au Nord-Est l’a envoyé explorer le Sud de l’Ile. Pensant avoir découvert un endroit idéal, il rentre au pays après un périple d’un an. Whatonga choisit alors de migrer vers le Sud et construit les forteresses de Somes Island et de la Péninsule de Miramar, qui reste aujourd’hui encore « Te-whanga-nui-a-tara » (le port de Tara) pour les Maoris.
A l’époque de l’arrivée des Européens, la région est toujours habitée par les tribus maories Tara er Rangitane, regroupées dans de petits villages en bordure de port mais plus tard elles sont remplacées par les tribus de la Taranaki Region.
Le premier site pour l’emplacement de Wellington est choisi en 1839 par le colonel William Wakefield, agent de la New Zealand Company. Celui-ci est situé plus au Nord, à l’endroit où se trouve l’actuel Petone. Un peu plus tard, à la suite de la crue de la Hutt River, on lui préfère sont emplacement d’aujourd’hui qui offre l’avantage d’être aussi plus facile à défendre. Les premiers colons y arrivent en 1840. La même année, la ville est baptisée du nom du premier duc de Wellington.
Environnée de collines et denses forêts, Wellington met du temps à se développer. En 1844, on commence à déboiser autour du Wairarapa District : l’agriculture fait son apparition. Wellington est la troisième capitale du pays. Okiato, non loin de Russel dans la Bay of Island, est la première à porter ce titre (1840-1841), puis c’est au tour d’Auckland de 1841 à 1865. En 1865, le siège du gouvernement est transféré d’Auckland à Wellington, afin de favoriser un développement plus équilibré des deux îles.
De fait, en devenant le centre administratif du pays, Wellington prospère rapidement. De nombreuses compagnies nationales et internationales s’y sont implantées.
Mais comme c’est souvent le cas, l’ascension fulgurante de Wellington dans les années qui suivent sa fondation possède également son revers puisque les valeurs essentielles que sont la loyauté, l’égalité des droits ou le respect de la parole donnée n’ont pas vraiment cours parmi les commerçants et les hommes d’affaire.
Les Maoris sont donc une fois de plus les victimes de la spéculation des colons européens, auxquels ils ont vendu leurs terres sans imaginer les conséquences. Les violents combats pour la rive Sud du port sont le point de départ d’une guerre de trente ans qui ébranle pour longtemps les relations entre Maoris et Européens.
Les loyers sont très élevés, mais on trouve ici de merveilleuses zones résidentielles. Le charme et la diversité des environ font oublier que la ville compte tout de même 382 700 habitants (Wellington et sa zone urbaine s’étendant sur Porirua, Upper Hutt, Lower Hutt). De plus, plages, lacs et montagnes sont facilement accessibles.
D’immenses buildings modernes et de grandes bâtisses de style colonial du début du siècle se côtoient à présent dans son quartier commercial et administratif, le Downtown, totalement rénové. Si le centre de Wellington reste administratif, sa banlieue (Hutt Valley et Porirua Bassin) s’est fortement industrialisée. Cependant, le manque d’espace limite considérablement le développement de la ville.
Comme toute capitale, Wellington connaît une activité culturelle importante, avec de nombreux musées, galeries et parcs. C’est une ville très agréable et vivante, même la nuit.
Le centre-ville forme toute la partie plate. Celui-ci est surplombé par la Tinakori Hill au Nord-Ouest, par le Mount Victoria à l’Est et Hawkins Hill au Sud. Ces trois hauteurs forment la Town Belt (ceinture). De nombreuses plages se succèdent le long des 39 km de la City Marine Drive. La vue panoramique depuis le sommet du Mount Victoria (199 m) embrasse la baie, le port, les collines et le détroit de Cook. Aux pieds du mont, sur la plage très fréquentée de l’Oriental Bay, les amateurs de soleil ne bronzent pas sur du sable néozélandais car il fut amené ici par les cargos du monde entier auxquels il servait de lest.
Wellington et toute la région autour du Cook Strait sont une zone d’importante activité sismique. En 1848, la colonie est à moitié détruite par de fortes secousses et de nombreux colons décident de quitter les lieux. Le plus fort tremblement de terre, en 1855, ressenti des deux côté du détroit, soulève le sol à l’endroit où passe la Hutt Road et tue douze personnes.
Théoriquement un centre urbain ne semble pas être un lieu idéal pour représenter la Comté, pourtant le Mt Victoria, en plein downtown a joué un rôle très important dans « La Communauté de l’Anneau ». Son sommet offre de superbes vues du détroit de Cook aux environs Nord de Wellington.
Ses forêts ont été le lieu idéal pour les scènes où les Hobbits sortent de la Comté. Ici ont été filmées les scènes de Frodon et Sam prenant leur petit-déjeuner tout en fumant leurs pipes, des Hobbits trouvant des champignons, de Frodon écoutant attentivement le rapprochement des Nazgûls sur le sentier, des Hobbits se cachant des Nazgûl sous les racines, et des Hobbits fuyant les Nazguls dans la forêt.
Dunharrow – Mount Victoria & Lyall Bay
C’est dans le quartier du Mt Victoria qu’Éowyn (se faisant passer pour Dernhelm) et Merry discutent avant leur chevauchée épique.
Certains plans rapprochés du campement des Rohirrim à Dunharrow ont été filmés près d’une falaise de Lyall Bay.
Wellington est nichée entre un port magnifique et des collines parsemées d’arbres, formant ainsi un centre-ville très condensé créant une atmosphère intime peu courante dans les grandes villes.
Pour tous les amateurs des films de Peter Jackson, Wellington est une place centrale.
Certains décors et costumes sont présentés dans les musées, l’aéroport abrite des décors gigantesques représentant les héros des films, les librairies font la promotion des livres de Tolkien dans leurs vitrines, les Orcs grandeur nature surveillent la Weta Cave et il existe même un ministère de la Terre du Milieu.
Weta Cave
La Weta Cave, au corner de Camperdown Road et Weka Street dans le quartier de Miramar, est la voisine de palier du Weta Workshop.
Ce musée miniature expose tous les objets à collectionner du « Seigneur des Anneaux » et du «Hobbit», ainsi que d’autres créations de l’équipe Weta. Un petit film montre les coulisses de Weta et l’incroyable nombre de films auxquels ils ont participé.
Le Gouffre de Helm & Minas Tirith – Dry Creek Quarry
Les décors pour le Gouffre de Helm et Minas Tirith ont été réalisés à la carrière Dry Creek.
Les décors ont été totalement enlevés et aujourd’hui la carrière, fermée au public, est entièrement opérationnelle.
Le Kaitoke Regional Park est niché aux pieds de la Tararua Range, à 12 km au Nord d’Upper Hutt. Le parc comprend 2800 hectares de forêt native.
La forêt tempérée et la rivière font de ce magnifique lieu la représentation idéale de Fondcombe.
La plupart des prises extérieures ont été recréées sur ordinateur, cependant de grands décors ont été construits ici. Pendant le tournage, plus de 300 personnes se trouvaient sur le site.
La position de Fondcombe (Rivendell en anglais) est signalée par un panneau à l’entrée du parc.
Les Jardins de l’Isengard – Harcourt Park
Non loin de Fondcombe se situe le Harcourt Park, utilisé pour tourner 3 scènes en Isengard.
Une grande section du parc fut transformée en jardins de l’Isengard où Gandalf et Sarouman se rencontrent pour la première fois après la découverte de l’Anneau. Pour le tournage, un chemin en gravier bordé d’une chaine a été créé par l’équipe.
Le parc est également le lieu où sont abattus les arbres d’Isengard. Les arbres ont été transportés entiers ici, puis placés dans des trous afin que l’abattage soit réaliste pendant la prise de vue.
Pour l’anecdote, ils ne possédaient pas assez de feuilles aussi durant deux semaines une équipe a été chargée d’en fabriquer plus (en plastique).
L’un des cadres les plus originaux d’un point de vue géologique ayant servi de lieu de tournage est celui des Putangirua Pinnacles, sur la côte Sud du Wairarapa. Ils se trouvent dans le parc forestier d’Aorangi, niché entre Martinborough au Nord et le cap Palliser au Sud.
C’est dans l’ombre de ces effrayantes colonnes que Legolas raconte l’histoire de l’Armée des Morts dans « Le Retour du Roi ».
Aujourd’hui, et après une petite heure de route dans la célèbre région viticole de Martinboroug, nous nous installons à Lake Ferry. Ce minuscule village, logé entre l’océan et le lac Onoke, n’a pas tant d’intérêt si ce n’est son cadre reposant et sa proximité avec le Cap Palliser, point le plus au Sud de l’Ile.
Le camping que nous avons réservé n’est absolument pas entretenu et les bâtiments ne sont pas nettoyés correctement aussi nous sommes affreusement déçus d’être tombés ici. De plus, notre deuxième jour sur place est un véritable désastre car il pleut des rideaux de pluie et le vent souffle très fort, ce qui nous force à rester enfermés toute la journée dans la petite cabine vétuste.
Et dans ces cas-là, ça cogite… Pour la première fois de notre voyage, nous ne pouvons plus ignorer notre sentiment de découragement (j’aurais pu aussi dire consternation, déception, et encore désenchantement) dont je n’ai pas encore parlé ici.
Oui les Kiwis sont des personnes adorables, amicales et avenantes, mais dans le monde du tourisme néozélandais, le grand sourire cache toujours l’idée que nous sommes de gros pigeons venus se faire plumer et dont on peut profiter comme il se doit puisque très loin de chez eux et contraints d’avoir un « toit ». Nos économies fondent à vue d’œil et nous sommes fatigués de voir notre argent durement gagné disparaitre au creux de mains avares qui ne pensent qu’à s’enrichir sur le dos des voyageurs.
Cela dit nous ne sommes pas les plus à plaindre dans ce pays… Pour la première fois depuis presque neuf mois, nous pensons avec envie à notre retour, dans le pays où nous avons nos repères, d’où nous aurons les capacités à consommer (on ne peut y couper) par choix, non pas par résignation et d’où nous pourrons plus facilement agir contre ce qui nous agace. Du moins c’est ce j’espère. Finalement, à 20 000 km, en plein milieu du Pacifique, la société est toujours la même et les merveilleux paysages ne peuvent tout masquer. (Attention ça ne veut pas dire qu’on rentre plus tôt!)
Malgré tout ça, nous essayons de positiver et de profiter tout de même des environs. Pour notre première balade, nous nous rendons au cap Palliser. La route qui longe l’océan turquoise et surplombe la côte sombre déchirée, alterne d’immenses collines sèches complètement désertes et des petits villages de pêcheurs. Le contraste entre le jaune de la terre, le noir de la côte et le bleu de l’océan est magnifique.
Arrivés au bout de la route, nous grimpons les quelques 250 marches qui nous conduisent au phare rayé de rouge et de blanc. Au sommet le vent nous ballote d’un côté à l’autre avec une telle force que nous restons fermement accrochés aux rochers pour ne pas s’envoler. La vue est bien dégagée et nous offre l’océan à perte de vue. Très loin au-delà de la ligne d’horizon, nous pouvons apercevoir certains sommets enneigés de l’Ile du Sud… Dans une semaine nous y sommes !
Nous redescendons ensuite sur le rivage composé de grand rochers bruns aux tailles et formes très diverses. A notre grande joie, nous vivons notre expérience : « ils sont trop beaux ces rochers, viens on avance un peu, mais attends, il bouge celui-là ! ». Certains l’auront déjà compris, nous nous retrouvons nez à nez avec plusieurs otaries se prélassant au soleil, dont la fourrure de même couleur que les rochers les dissimule dans le paysage.
Tels des enfants découvrant un nouveau jouet, nous longeons de long en large le rivage puis le promontoire rocheux juste à côté pour nous régaler du spectacle. C’est incroyable de pouvoir les approcher de si près tout en sachant qu’elles sont dans leur habitat naturel.
Certaines nagent, d’autres sautent, il y en a qui se chamaillent pour un bout de terre, et nous apercevons même des adorables bébés qui n’arrivent pas à avancer correctement (il faut dire que même les adultes, surtout les gros, ont beaucoup de mal) et dont la mère toute proche, nous rappelle par un cri menaçant de ne pas nous en approcher trop près. La plupart d’entre-elles sont étalées de tout leur long dans des positions parfois farfelues, en fonction de la morphologie du rocher qui leur sert de couche.
De manière générale, et malgré leur cris puissants qui ressemblent à des grognements d’orcs, elles ne sont pas du tout agressives et nous laisse nous approcher jusqu’à 1m lorsqu’elles n’ont pas de bébé à protéger. L’une d’elles nous fait bondir plusieurs fois car dès sa sortie de l’eau elle nous repère et nous approche en sautillant lourdement (encore une fois, en se déplaçant comme elle peut). Après notre frayeur, nous comprenons en fait qu’il s’agit d’une curieuse et nous ne partons plus lorsqu’elle qu’avance vers nous (il ne faudrait pas la vexer non plus). Toutefois, comme nous ne connaissons pas du tout leur force et qu’il s’agit d’animaux sauvages, après plusieurs hésitations je me résigne à ne pas m’approcher pour la caresser. Cet incroyable après-midi au plus près d’une colonie d’otaries nous aura fait oublier l’affreux camping et nous en sommes heureux.
Pour notre dernier après-midi et après la journée pluvieuse de la veille (où nous sommes restés enfermés dans la minuscule cabine toute la journée) nous n’avons qu’une envie : prendre l’air frais! Nous partons donc en direction des Putangirua Pinnacles, attraction géologique de la région. Experte pour dénicher les lieux uniques, l’équipe de tournage du Seigneur des Anneaux est aussi passée par ici.
Les Putangirua Pinnacles sont situées sur la côte Sud du Wairarapa et sont très originaux d’un point de vue géologique. Pour y accéder, nous parcourons quelques kilomètres dans la réserve forestière d’Aorangi nichée entre Martinboroug au Nord et le Cape Palliser au Sud. Plusieurs sentiers permettent l’accès aux pinacles et nous optons pour celui qui emprunte le lit de la rivière.
Dès les premiers mètres, nous pouvons apercevoir des étrangetés géologiques dans le paysage. En effet, à certains endroits du bush se dressent d’immenses colonnes formées par un agglomérat de galets et de petits sédiments, dont les contours ont été désagrégés. Plus nous remontons la petite rivière plus il y a de formations rocheuses et nous finissons par aboutir aux fameux Putangirua Pinnacles, troués de petites grottes et fuselés de fins couloirs naturels. Pour bien se représenter le décor, il suffit de s’imaginer un géant ayant construit des châteaux de « sable » il y a des millénaires, dont le temps, le vent et la pluie en ont effrité les pourtours. Certains ressemblent d’ailleurs à des tours de rempart. Le ciel est encore très couvert mais il ne pleut pas, et nous sommes bien contents de pouvoir profiter de ce spectacle !
Wairarapa District
La région de Wairarapa s’étend à l’Est de Rimutaka et Masterton en est la ville principale.
Les premiers Européens à s’y installer réellement arrivent en 1854. La ville doit son nom à un certain Joseph Masters, fondateur de Wairarapa Small Farm Association. Le développement tardif de la région est dû au barrage que forme la Rimutaka Range à l’Est de Wellington. Une route est ouverte dans les années 1950, suivie par le rail quelques décennies plus tard, un tunnel ayant été creusé à travers la montagne.
Palliser Bay
Le village de Lake Ferry, niché entre le Lake Onoke et les rivages de l’océan, est très populaire pour la pêche.
En longeant le Haurangi Forest Park la route mène au Cape Palliser, promontoire rocheux situé sur la côte et point le plus au sud de l’Ile du Nord. Il est nommé par James Cook en l’honneur de son « cher ami » et ancien officier supérieur, l’amiral de la Royal Navy Sir Hugh Palliser. Le cap est connu pour son phare et pour les otaries qui trouvent refuge sur ses côtes.
La région est naturelle et intacte et offre de beaux couchers de soleil.