Taranaki & New Plymouth
Hawera – 27 & 28 février 2015
Aujourd’hui nous partons du Whanganui National Park pour nous diriger dans la région du Taranaki, qui abrite le sommet du même nom. Sur la Whanganui River Road, nous longeons le grand fleuve et nous arrêtons au niveau de plusieurs points d’intérêt : un ancien moulin qui servait à moudre le grain au 19ème et une marae bien conservée se composant de plusieurs bâtiments dont une église et une maison commune (wharenui). Plus nous avançons vers la ville, plus la forêt luxuriante perd du terrain en faveur des fermes et des champs. Fait surprenant, vers la fin de la route se trouve les Shell Rocks, qui sont en fait de hautes falaises de sable gris parsemé de coquillages entiers, brisés et émiettés. En se rapprochant, il est surprenant de constater qu’ils ne sont pas du tout fossilisés et qu’un simple frottement du bout des doigts les réduit en poussière.
En tout début d’après-midi nous atteignons notre première étape, le camping d’Ohawe Beach, tout près de la ville d’Hawera dans le Taranaki. La ville est de taille moyenne quant au village en bord de mer il est minuscule. Nous prenons une nuit en tente pour une somme modique alors que tout est compris, même la machine à laver. C’est très rare en Nouvelle-Zélande et même si les lieux sont très vieux et un peu délabrés, nous nous en contentons largement puisqu’il renferme tout ce dont nous avons besoin (mis à part l’eau qui a un goût de vase). C’est une Maorie plutôt âgée qui gère le camping et dès les premiers mots échangés, nous comprenons que nous avons à faire à une adorable personne. Nous discutons un peu avec elle de Nouvelle-Zélande et de poissons car elle vide ceux qu’elle a pêché le matin même, puis plus tard lorsque nous allons la payer, elle nous en offre un entier… Un beau snapper comme on les aime et c’est avec joie que nous acceptons son généreux cadeau. Nous préparons un excellent repas avec lui le soir même.
Nous sommes très fatigués de l’excursion de la veille ainsi que par la route aussi passons notre après-midi allongés au soleil, à écouter musique et livres audio… et ça fait du bien !
La première nuit n’est pas aussi reposante que l’après-midi car des grognements nous réveillent à plusieurs reprises et m’effraient un peu. Le matin nous en discutons avec la propriétaire qui nous confirme qu’il ne s’agit pas de cochons mais d’opossums et que nous ne devons pas du tout les craindre.
Le lendemain notre programme est plus ou moins le même que celui de la veille, à l’exception d’un petit détail près : Alex prépare des baguettes. Une fois cuites, nous les savourons avec joie et nous languissons un peu le retour en France, où nous prévoyons de largement nous rattraper d’un point de vue gustatif.
New Plymouth – 1 mars 2015

Aujourd’hui nous quittons le tranquille village d’Ohawe pour nous rendre dans la grande New Plymouth via la Surf Highway 45, célèbre pour ses longues plages offrant des vagues et des conditions idéales aux amateurs de surf. Tout au long de la route, nous longeons à gauche la Mer de Tasman scintillante et à droite les vastes plaines vertes du Taranaki, d’où se dresse au loin le haut volcan du même nom.
Nous arrivons à New Plymouth en fin de matinée et allons luncher dans son célèbre et grand parc. Pour un dimanche celui est quasiment désert et seuls quelques oiseaux déambulent sur les pelouses. Nous croisons d’ailleurs un couple de magnifiques canards connus ici sous le nom de « paradise ducks ». Leur plumage est d’un sombre très profond, agrémenté de reflets bleu métallique et en ce qui concerne la femelle, d’un blanc très pur au niveau de la tête.
Après cela nous partons découvrir le centre. New Plymouth est une ville vivante à l’allure « californienne » : longue parade bordée de palmiers, buildings modernes aux grandes vitres et jeunes aux habits amples colorés déambulant dans les rues à pied ou à skate.
Nous visitons le musée régional qui nous en apprend plus sur l’histoire de la région mais surtout sur l’extraction du pétrole et du gaz, très répandue dans le Taranaki. La Nouvelle-Zélande est un pays sans nucléaire mais nous découvrons que malheureusement les autorités utilisent la fracture hydraulique pour exploiter les ressources naturelles du sol de la région. Affligeant. D’ailleurs, depuis Hawera nous avons remarqué que l’eau potable dans les campings a un goût infect de terre et de vase qui nous répugne beaucoup ; toutefois nous ne savons pas si cela est lié.
A la fin de la journée nous plantons la tente dans un camping plutôt standing un peu cher mais qui a le mérite d’offrir une superbe vue sur la mer. Ce soir, il faut nous reposer car demain nous irons marcher au Mt Taranaki dont les sentiers sont célèbres, magnifiques mais affreusement pentus. Nous espérons en tous cas que la montagne ne se cachera pas derrière les nuages pour pleurer, afin que nous ayons les meilleures vues possibles depuis les hauteurs. Comme toutes les légendes néozélandaises, celle du Mt Taranaki est de tradition maorie et se fonde sur un mythe d’amour :
« Comme toutes les grandes histoires, celle de Taranaki débute par une affaire de cœur. Le mont se trouve à l’origine au centre de l’Ile du Nord, près de Ruapehu, Tongariro et Ngauruhoe. Lorsqu’il tombe amoureux de la jolie montagne Pihanga, mariée au puissant Tongariro, les deux s’engagent dans une lutte pour conquérir le cœur de la belle. Tongariro sort victorieux de la bataille et Taranaki est banni à l’Ouest de l’Ile. Les larmes que ce dernier formèrent la Whanganui River et aujourd’hui s’il y a des nuages qui entourent son sommet, c’est qu’il se cache pour pleurer son amour impossible pour Pihanga ».
Mt Taranaki – 2 mars 2015

Aujourd’hui le temps reste ensoleillé et c’est avec joie que nous partons en direction du Mt Taranaki, qui culmine à 2518 m. Sa dernière éruption date de 1755 et à priori il est bien endormi donc nous ne risquons rien.
Lorsque nous arrivons dans le Taranaki National Park le ciel est un peu plus dégagé que sur la côte et presque aucun nuage ne voile le sommet de notre côté, aussi nous sommes ravis car nous avons tout le loisir d’admirer sa majesté. L’entrée dans le parc se fait par un épais bush, bien vert. Nous arrivons au Visitor Centre situé sur sa face Nord et après un coup d’œil rapide aux randonnées à la journée nous optons pour celle qui grimpe jusqu’au sommet, avec pour objectif de nous arrêter au milieu, au niveau de la tour radio. Nous n’avons pas le temps de grimper jusqu’au sommet aujourd’hui et le temps doit se gâter aussi nous nous contenterons du mi-parcours.
Le chemin suit en fait une route pour 4×4 affreusement défoncée et si notre marche est rapide au départ, plus nous avançons plus nous ralentissons. Le sol est composé de sable ainsi que de gros cailloux plutôt tranchants et la pente est de plus en plus raide. A se demander comment elle finit à l’approche du sommet ! Nous avançons donc tranquillement, d’abord au travers du bush, puis rapidement le décor change et nous franchissons les vastes étendues de tussock, herbe très sèche accompagnée de mousses tendres beige retrouvées sur les parties hautes des bases de volcans.
Déjà nous retrouvons de petits graviers à l’aspect spongieux, vestiges des éruptions passées.
Une fois la forêt dense passée et le tussock atteint, la vue se dégage et nous offre un panorama à couper le souffle, encore plus impressionnant une fois que nous avons atteint la tour de radio. Nous voyons d’abord le tussock, sur lequel nous sommes posés, puis le bush aux pieds de la montagne et pour finir les vastes plaines du Taranaki qui s’étirent jusqu’à la Mer de Tasman, que nous distinguons en tout petit. D’ailleurs, même si nous ne sommes pas au sommet, nous pouvons apercevoir celle-ci côté Nord et côté Sud, route que nous avons pris la veille. En regardant à l’Est, c’est l’intérieur de l’Ile du Nord que nous pouvons contempler, avec ses célèbres sommets Ruapehu et Tongariro, que nous avons grimpé quelques mois auparavant. Devant un tel spectacle, nous nous sentons tout petit. Une grande partie de la Nouvelle-Zélande s’étale sous nos yeux et c’est incroyable. Combien de personnes sont à cet instant sur le sentier de randonnée du Tongariro Alping Crossing, scrutant l’horizon dans notre direction, comme nous l’avons fait nous aussi ? Après une pause bien méritée et quelques saluts aux randonneurs du Tongariro, il est temps de repartir.
Extrêmement heureux d’avoir pu gravir le fier Taranaki sous un ciel dégagé, nous reprenons le chemin de la descente, notre course est beaucoup plus rapide à présent, puis une fois la voiture retrouvée, nous partons poser la tente dans la ville tout près de Waitara. Une fois n’est pas coutume, notre camping se trouve en bord de mer et le bruit des vagues nous berce jusqu’à ce que nous soyons dans les bras de Morphée.
Hawera
De nombreuses batailles ont lieu autour de Hawera qui est la première république déclarée de Nouvelle-Zélande.
Aujourd’hui, elle est l’une des régions laitières les plus productives du pays et abrite la plus grande unité de transformation de lait de l’Hémisphère Sud.
New Plymouth
De conception moderne, New Plymouth est une ville portuaire de 49 000 en pleine expansion. Capitale du district, elle est située au pied du Mount Taranaki et au bord de la mer de Tasman.
La région, avant l’arrivée des Européens, est très appréciée des Maoris. Le premier Européen à s’y installer, en 1828, est Richard Dickie Barrett. A l’époque il se marie à Rawinea Waikaiua, de la Ngati Te Whiti et aide sa tribu quelques années plus tard à repousser l’invasion des tribus du Waikato.
New Pleymouth est fondée en 1841 par la New Zealand Company. A la suite des problèmes survenant entre colons et Maoris au sujet des terres, New Plymouth devient une colonie militaire et le reste jusque dans les années 1880.
L’économie de la province se transforme en 1866, après la découverte de pétrole au bout de Ngaotu Beach. Son exploitation commence immédiatement. Depuis les années 1970, des industries de la pétrochimie se sont implantées et l’économie actuelle est fortement basée sur l’exploitation du pétrole mais aussi du gaz, au large comme sur terre.
Taranaki National Park
Témoin de l’ancienne ère volcanique, le Mt Taranaki (2518 m), volcan endormi, surplombe la côte Ouest. Son cône forme le centre du Parc National d’Egmont/Taranaki créé en 1900 et couvrant 33 543 hectares. Le Mount Taranaki est sous certains angles la réplique du Mt Fuji Yama au Japon. Son cône n’est cependant pas parfait puisqu’il présente un deuxième cratère, le Fantham’s Peak, au Sud, à environ 2000 m d’altitude. Son sol est constitué de cendres volcaniques et la végétation contraste avec les riches plaines fertiles des environs. A partir de 800 m, les pentes du volcan sont dénuées de toute végétation, mis à part le tussock.

Les chemins de randonnée permettent de découvrir une nature grandiose, encore intacte.
Waitara
Ville de 7000 habitants située en plein centre de la riche région laitière des Waitaea Plains.
Située à l’embouchure de la rivière, elle est un lieu populaire de vacances très prisé pour le surf et le windsurf. La ville abrite également une usine de production de méthanol (1200 tonnes par jour).
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Galeries photos

Mont Taranaki



Commentaires
coucou . c’est toujours aussi bien décrit et précis ,c’est comme si j’ y étais !! maintenat je vais aller voir les photos correspondantes .ziboux 2 pap
Merci 😉 Bientôt tu verras les photos sans chargement !
coucou .
je lis et clique sur la galerie en bas des articles … et c’est vrai c’est beaucoup mieux !! tu m’as parlé de l’épisode en kayak ,et je n’ai rien remarqué .peux tu me repréciser ce qu’il y a de changé ?
maintenant je fais comme tu m’as dit
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