Rotorua & Taupo
Nous y voilà ! Après trois mois au turbin à Whangarei, nous prenons la route des vacances ! Notre première étape se situe dans le Central Plateau, zone volcanique et géothermale de l’Ile du Nord. Pendant quatre nuits nous logeons dans un backpacker à Rotorua, célèbre pour son lac formé suite à une éruption volcanique, ainsi que pour ses sources chaudes dont les effluves soufrées nous titillent le nez dès notre arrivée.
Taupo – 24 novembre 2014
Nous consacrons notre premier jour à découvrir Taupo (situé à une heure de Rotorua) et ses environs. Tout au long de la route, nous retrouvons un paysage familier nous plongeant dans nos montagnes alpines. En effet, le décor qui défile devant nous est très proche de celui dans lequel nous avons grandi. Il est un mélange de grandes collines couvertes de résineux (très semblables à nos Basses-Alpes) et de grandes étendues vertes très claires et vallonnées (semblables aux hautes prairies du Queyras). Il y a toutefois deux grandes différences : de petites clôtures en bois entourent tous les espaces (comme dans tout le reste du pays) et par centaines, des vaches et des moutons parsèment les vastes prés.

Nous passons toute notre matinée dans le parc d’Orakei Korako, où nous découvrons avec bonheur ce que signifie « activité géothermale » ! Un paysage lunaire, rempli de sources chaudes fumantes, de bassins bouillonnants, de trous de geysers et de fumerolles nous entoure. Les couleurs sont magnifiques et s’étendent du blanc très clair au noir très foncé, en passant par le rose, le vert et l’orange. Difficile de s’imaginer que dans les montagnes se trouve un endroit pareil, à la fois merveilleux et hostile. Il nous faudra plusieurs heures pour faire le tour de la réserve, tant il y a de nouveaux décors à découvrir.

Nous prenons ensuite la route vers Taupo et nous arrêtons en chemin pour voir les « must-see » du coin : les mouvementées Huka Falls, le lâché du barrage aux rapides d’Aratiatia et la centrale géothermique de Wairakei. Les sources chaudes de la région font le bonheur de ceux qui plongent dans les « Hot Pools » pour se ressourcer, mais servent également à produire de l’électricité. Nous longeons ainsi une grande partie des tuyaux dans lesquels circule de l’eau à plus de 200°. La vapeur d’eau est évacuée en plusieurs points du circuit, et la pression est réduite par de hauts ponts, afin d’éviter une explosion de tout le système. Évidemment cela ne fait pas très beau dans le paysage, mais c’est très impressionnant à voir et plutôt instructif.
Nous arrivons en fin d’après-midi dans la charmante petite ville de Taupo et nous posons au bord du lac pour admirer la superbe vue sur le lac et les montagnes qui l’entourent. Au loin, nous pouvons même apercevoir les trois sommets des volcans du Parc National du Tongariro que nous explorerons la semaine prochaine !
Pour finir notre journée en beauté, nous passons près de 3 heures dans un spa composé de plusieurs bassins chauds (avec de l’eau thermale de 39°C à 41°C) et froids (à température ambiante en fait). L’entrée dans l’eau thermale est assez difficile car elle est vraiment très chaude, mais une fois dedans, c’est très agréable et en plus il y a plusieurs endroits où l’on peut se faire masser par des remous ! Après quelques glissades dans le méga toboggan (oui les adultes sont autorisés), nous avons même droit à 45 minutes dans un spa privé (nous choisissons celui à 38° de peur de se liquéfier dans un plus chaud). Nous sortons finalement à la nuit tombée, totalement détendus et prêts à s’écrouler dans le lit.
Rotorua & ses environs – 25 novembre 2014
Le lendemain nous partons tôt en direction du parc géothermale de Wai-O-Tapu. L’arrivée sur place est plutôt décevante car nous nous apercevons qu’il s’agit d’un endroit très touristique et par conséquent bondé de touristes. Toutefois, nous sommes bien décidés à profiter au mieux des merveilles qu’il offre. Nous assistons d’abord à l’éruption du geyser Lady Knox, qui est rendue possible grâce à du savon. Cette surprenante découverte a été faite au 19ème siècle, lorsque des prisonniers chargés de nettoyer la zone ont vu leurs vêtements se faire propulser en l’air sur plusieurs dizaines de mètres au cours de leur lessive hebdomadaire. Aujourd’hui cela ressemble plus à un phénomène de foire mais c’est toujours impressionnant de voir en direct à quel point Mère Nature peut-être puissante.

Nous poursuivons ensuite par la visite du parc en lui-même pendant près de 3 heures, tant il y a de spots à découvrir… et à photographier ! Entre autres, nous pouvons voir des cratères géants qui fument, des trous remplis de boue dont la très haute température créer de grosses bulles qui éclatent à la surface, des ruisseaux et bassins bouillants multicolores, des formations rocheuses striées aux couleurs ocres ou encore un lac vert fluo, composé d’arsenic dans sa grande majorité et dont l’eau avoisine les 100°C. Cela va s’en dire, nous en prenons plein les yeux et on adore. Les composants chimiques qui parsèment le sol et les eaux rendent les lieux désertiques et nous sommes plongés dans un paysage digne d’un film de science-fiction. Quelques oiseaux habitent les lieux : certains nichent dans les trous au-dessus des cratères pour que leurs progénitures grandissent bien au chaud et d’autres semblent totalement indifférents à la température de l’eau et passent leur temps à manger des insectes qui évoluent dedans. Pour en apprendre plus sur la zone thermale, rendez-vous plus bas : Wai-O-Tapu. En passant, nous trouvions l’odeur de soufre (ou d’œuf pourri pour être plus précis) très présente à Rotorua, mais ce n’est rien à côté de certaines places de ce parc, où nous sommes contraints de respirer par la bouche sous peine de nausées ! Malgré la forte concentration de touristes nous sommes heureux d’avoir pu contempler de si beaux (et dangereux) phénomènes.
Après notre lunch loin de l’odeur soufrée, nous partons en direction de la petite réserve toute proche des Rainbow Mountains. Il est trop tard pour que nous puissions atteindre le sommet, mais nous pouvons suivre un petit sentier conduisant à une plateforme d’où sont visibles deux lacs de cratère. La vue est absolument magnifique. L’eau très calme et d’un bleu opale appelle à la baignade, seulement celle-ci est très toxique. L’eau d’un lac de cratère provient en fait des précipitations, aussi, il n’y pas de courant pour remuer le fond (de toutes manières très pauvre en sédiments) et c’est pourquoi elle est si limpide. Autour mais à bonne distance, la végétation
luxuriante se compose de grandes fougères que nous n’avions encore jamais vu, de petits arbustes et de nombreuses plantes qui ne poussent que dans ce type de milieu. La zone autrefois très chaude a tendance à se refroidir aujourd’hui, et c’est pourquoi la forêt reprend le dessus. Pour finir, de grands pics rocheux teintés de rose, de rouge et d’orange se dressent en arrière-plan, comme sortis de nulle part. Par curiosité nous décidons d’avancer plus loin et nous tombons sur un minuscule chemin à travers les buissons qui nous conduit au sommet d’un des rochers que nous venions d’admirer depuis la plateforme d’en-face. Nous seulement la vue est imprenable (et donne même le vertige), mais nous sommes aussi entourés de fumerolles, qui pour une fois ne sont pas cerclées de barrières, mais à l’état brut. Le sol fait quelques gargouillis et lorsqu’on s’en approche, la fumée est très chaude. C’est très enivrant d’être aussi près d’un tel phénomène, qui plus est perché sur un rocher surplombant un lac de cratère !
Nous terminons cette journée fatigante mais haute en couleurs et riche en émotions au bord du « Blue Lake », dans lequel nous ne trempons que les pieds car cette fois-ci, l’eau est vraiment glaçée!
Rotorua ville & lac – 25 novembre 2014
Nous passons notre dernière journée à serpenter la charmante et odorante ville de Rotorua. Le centre-ville et ses alentours offrent de nombreuses places de détente et représentent bien le riche passé de la ville liée à son activité géothermale.

Nous commençons notre balade dans les Government Gardens, qui abritent le très beau bâtiment du Rotorua Museum et les Blue Baths. L’activité thermale est représentée ici par la source Whangapipiro (ou Rachel Pool), dont la température avoisine les 100°C (212° F). Célèbre lieu de de détente, il se compose également de terrains de bowling (sur herbe), de pétanque et de petits bassins très mignons où nous apercevons plusieurs pukekos dont deux petits qui possèdent encore un duvet sombre et un bec noir (celui des adultes est rouge vif). Témoins du passé, nous pouvons également y admirer de belles sculptures maories, une ancienne maison commune où les « gens de la haute » venaient boire un thé servi par des Maories en tenue traditionnelle, ainsi qu’un petit kiosque construit par un célèbre jazz band du 20ème siècle.
Notre promenade très agréable se poursuit sur les rives du lacs, ou nous croisons peu de monde mais beaucoup de canards, de cygnes noirs et même des oies. Fait amusant, un ancien bateau à roue est toujours en activité et propose des croisières sur le lac.
La fin du sentier nous amène dans le quartier d’Ohinemutu. Situé sur les rives du lac, il est « le vieux Rotorua » et a su conserver l’atmosphère d’un village maori. Il habite plusieurs maraes ainsi que de nombreux ornements sacrés magnifiquement sculptées. En plein cœur du quartier se dresse l’église St Faith’s Anglican construite dans les années 1910, qui est bel exemple d’église d’architecture maorie : les murs saut jaune pâle, le toit rouge-brun, les vitraux latéraux arborent des motifs typiquement maoris et celui du fond représente Jésus en habit traditionnel maori. Le quartier est situé sur une zone géothermale très active, aussi nous sommes entourés de bassins bouillonnants ou encore de fumerolles, et les pavés devant la marae principale ont été perforés à plusieurs endroits par de l’eau chaude jaillissant à la surface. Ces conditions particulières conduisent les habitants à inhumer leurs défunts non pas sous terre mais dans de grandes tombes blanches posées au-dessus du sol. Nous passons pas mal de temps à découvrir les lieux car nous sommes heureux de pouvoir approcher de si près l’architecture maorie d’aujourd’hui. Pour nous il est également important de constater que la culture maorie ne s’est pas fait entièrement ensevelir par la culture « occidentale » et qu’il subsiste des personnes fières de leur racines, perpétuant les traditions ancestrales.
Notre journée s’achève dans le vaste Kuirau Park célèbre pour ses activités thermiques. Nous découvrons de nouveaux bassins bouillonnants d’eau bleue aux reflets orange ou de boue odorante mais cette fois ci en plein cœur de la ville ! C’est assez surprenant. Qui plus est, plusieurs bains pour pieds, dont l’eau chaude naturelle est renouvelée quotidiennement, sont mis à la disposition des passants. Toutefois il fait encore trop chaud pour nous et nous n’y plongeons pas. Le centre du parc est une vaste étendue d’herbe et nous ne sommes pas surpris d’y retrouver des dizaines d’enfants réunis pour un tournoi de rugby.
Central Plateau
Le Central Plateau comprend la région de Taupo et le lac du même nom. Reposant dans un immense cratère, à 357 m d’altitude, ce plus grand lac de Nouvelle-Zélande s’étend sur 616 km² (plus grand que le lac Léman). Sa profondeur maximale est de 109 m.
Cette région est réputée pour son activité thermique et volcanique.
Le Tongariro National Park, qui s’étend sur presque 80 000 hectares est particulièrement célèbre. Il abrite les monts Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu, trois cônes volcaniques encore en activité.
L’été comme l’hiver, il offre de nombreuses possibilités de randonnée. La pêche est également une activité très importante dans le Central Plateau.
Rotorua
La ville, réputée pour son très large choix d’activités sportives et de détente, est avec Queenstown l’une des destinations majeures du pays.
Rotorua est la seule ville de Nouvelle-Zélande reconnaissable les yeux fermés en raison de l’odeur de soufre qui en émane. En entrant dans la ville, toujours en ébullition, impossible de ne pas la sentir ! Rien de plus normal puisque c’est son activité géothermale qui rend Rotorua célèbre : fumerolles, boues bouillonnantes (mud pools), sources chaudes et geysers y sont très nombreux.
Depuis la fin des années 1960 pourtant les geysers ont perdu de leur magnificence : l’énergie géothermique a été détournée au profit des hôtels souhaitant offrir de l’eau thermale chaude à leurs clients. Toutefois, le Department of Conservation est intervenu pour limiter l’exploitation privée.
En maori « Rotorua » signifie « le deuxième lac » car malgré sa taille, il n’est découvert par les Maoris qu’après le lac Rotoiti.
La région, et plus particulièrement le quartier central d’Ohinemutu, est le site de prédilection de la tribu Arawa qui se range aux côtés des Européens durant les Lands Wars.
La colonisation européenne de ce territoire commence tardivement dans les années 1870, mais déjà vers 1880 Rotorua constitue une attraction touristique.
En 1886 l’éruption du Mont Tarawera enfouit des villages maoris sous les cendres, dont les vestiges sont encore visibles au Buried Village. Après cette catastrophe, le tourisme reprend pourtant de plus belle grâce à l’ouverture des thermes, des Spas et bien sûr aux geysers.
Whakarewarewa est une zone géothermale surplombant la ville de Rotorua. A l’origine il s’agit d’un site maori : la forteresse de Te Puia, connu pour être impénétrable. Les Maoris y résident depuis 1325 environ et tirent quotidiennement avantage de l’activité thermique de la vallée pour se chauffer ou cuisiner dans les bassins d’eau chaude. La zone regroupe 500 bassins et au moins 65 geysers dont 7 toujours en activité. Le plus célèbre est celui de Pohutu, qui signifie « explosion » ou « gros splash », dont la colonne d’eau peut atteindre les 30 m de hauteur, généralement toutes les heures.
Wai-O-Tapu
Wai-O-Tapu signifie « Eau Sacrée » en maori. La vaste zone ouverte au public n’est qu’une infime partie des 18 km² de zone thermale. Celle-ci est déclarée réserve naturelle et se trouve être la plus grande zone d’activité géothermale de la région volcanique de Taupo. Les premiers tremblements volcaniques secouèrent la région il y a 150 000 ans et les premiers signes d’activité hydrothermale apparurent il y a 15 000 ans. La zone thermale est traversée par la rivière Wai-O-Tapu qui rejoint le fleuve Waikato. Aucun poisson ne peut survivre dans la rivière en raison de la présence de nombreux composants chimiques provenant des sources chaudes.
Les couleurs prédominantes sont le jaune (soufre), l’orange (antimoine), le blanc (silice), le vert (arsenic), le rouge-brun (oxyde de fer), le noir (soufre et carbone) et le violet (manganèse).
Plus d’une dizaine de cratères se trouve dans la zone thermale. Ceux-ci mesurent plus de 20m de diamètre et plongent jusqu’à 12m de profondeur. La plupart se sont formés au cours des 900 dernières années par l’action de l’eau acide remontant à la surface du sol. Beaucoup d’entre eux sont parsemés de grands dépôts de soufre provenant de la vapeur qui s’échappe.
Dans le cratère arc-en-ciel, une couche de pétrole est visible à la surface de l’eau.
La « Piscine de Champagne » est la plus grande source de la zone avec ses 60m de diamètre et ses 60m de profondeur. Elle s’est formée suite à une éruption hydrothermale il y a 900 ans. Sa température est de 74°C et les nombreuses bulles qui la composent sont dues à du dioxyde de carbone. L’étendue d’eau contient de nombreux minéraux dont de l’or, de l’argent, du mercure, du soufre ou encore de l’arsenic.
Le « Bain du Diable » est un grand cratère aux contours déchirés contenant une eau naturelle à la couleur verte étonnante. Plus il y a d’arsenic, plus le vert est prononcé.
Dans la forêt, la végétation est parfois recouverte d’une teinte orange nommée Trentepohlia, qui est également le nom d’une algue verte. Le pigment orange cache en fait le pigment vert de la chlorophylle.
Wairakei Geothermal Power Station
Wairakei est situé sur la faille volcanique qui part du Mt Ruapehu pour aller jusqu’à White Island. Le petit village de Wairakei devient une attraction touristique dans les années 1880.
Sa station électrique géothermique, commandée en 1958, est à l’époque la deuxième du genre au monde, après Larderello en Italie. La vapeur souterraine est utilisée pour produire de l’électricité à une capacité de près de 200 000 kW/h.
Huka Falls
Huka signifie « écume » en maori. A 5km de Taupo, ces chutes sont les plus connues et probablement les plus photographiées de la région. Hautes de seulement 11m, elles sont pourtant très impressionnantes car s’en écoulent 250 000 litres d’eau par seconde.
Taupo & Lac Taupo
Ville d’environ 25 000 habitants, située à 80 km de Rotorua, la très touristique Taupo doit son nom au lac au bord duquel elle s’est installée et développée. Celui-ci mesure 40km de long pour 30km de large et sur les rives, il est possible de distinguer au loin les sommets du Parc national du Tongariro.
Le lac est le centre « actif » de l’Ile du Nord. Il occupe le gigantesque cratère d’un ancien volcan dont la dernière éruption remonte à plus de 1800 ans. Formé à la suite d’une gigantesque explosion volcanique, le lac est maintenant irrigué par de nombreuses rivières, dont la plus grande est la Tongariro River. Il évacue ses eaux par la Waikato River, la plus longue de Nouvelle-Zélande (425 km).
Le lac est très réputé pour la pêche : régulièrement des concours nationaux et internationaux y ont lieu.
Les premiers Européens qui s’établissent dans la région, à l’origine fortement peuplée par les Maoris, sont des militaires. En effet en 1869, le gouvernement y installe une garnison pour parer à une éventuelle attaque du cher maori Te Kooti, leader de la guérilla. Cependant, les Européens n’y sont que peu nombreux jusqu’après la Seconde Guerre Mondiale. Les pêcheurs arrivent ensuite, suivis des forestiers et Taupo voit sa population augmenter avec la construction de la station géothermale.
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Rotorua & environs

Wai O Tapu

Taupo







