Maketu & Te Puke
Du 20 avril au 22 juin 2014
Nous arrivons donc fin avril à Maketu, petit village en bord de mer de la région Bay of Plenty où nous louons un petit cottage pour un prix très raisonnable en comparaison de ceux des auberges de jeunesse ou holidays parks. Nous sommes très bien installés : la petite maison de plein pied est tout équipée et bien assez grande pour nous deux (une petite chambre que nous n’utilisons pas, un salon, une cuisine bien agencée et une grande chambre avec vue sur l’estuaire) ! Avec l’hiver qui approche nous avons parfois froid car l’isolation n’a pas été faite, mais nous parvenons tout de même à vivre confortablement grâce au chauffage électrique (nous sentons passer la facture d’électricité).
Les premiers jours sont consacrés à la découverte des environs et de la ville proche de Te Puke (où nous faisons nos courses), à la visite du site Kiwi 360 avec son célèbre kiwi géant et à la recherche d’emploi. Celle-ci s’avère très facile puisqu’en moins de deux demi-journées nous obtenons une place dans la « packhouse » (usine d’emballage) la plus proche de Maketu : parfait ! Nous sommes arrivés au bon moment puisque malgré l’importante quantité de travail, liée à la culture du kiwi, la région attire énormément de jeunes étrangers comme nous à la recherche d’emploi.

Nous avons quelques jours avant de débuter aussi nous en profitons pour découvrir les environs magnifiques du lac Rotoma, situé à moins d’une heure du village : nous passons une après-midi très tranquille au soleil et au bord de l’eau, puis sur le chemin du retour nous trouvons au hasard de la route de superbes petites cascades complétement perdues dans la montagne, qui ont servi à la production hydroélectrique.
Nous profitons également de nos derniers jours libres pour surfer sur internet, car pour une fois nous avons du wifi un peu moins limité (nous partageons avec la propriétaire les 30GB qui lui sont réservés chaque mois) et nous attaquons la réalisation du site.

Nous commençons le travail le dimanche 04 mai. Notre emploi du temps est très chargé puisque nous travaillons de 20h à 7h du matin, du dimanche soir au samedi matin. Ce qui correspond à 11h de travail de nuit 6 jours par semaine. La veille de commencer nous tentons de nous caler et restons éveillés jusqu’à 7h du matin, pourtant le premier jour de travail est assez difficile : nous sommes complétement déphasés. Au fur et à mesure des jours notre corps prend un rythme biologique « normal » et nous sommes contents à l’idée d’économiser pour voyager plus tard.
Nous tenons deux postes différents avec Alex : lui se trouve en bout de chaîne et s’occupe des « mauvais » kiwis donnés aux vaches (environ une tonne par heure !!!), quant à moi soit j’emballe les kiwis en grosses boîtes soit je les aligne dans des cagettes. Le travail n’est donc pas très compliqué mais c’est affreusement répétitif. Le seul point positif de ce type de boulot c’est qu’il n’est pas trop ennuyeux lorsqu’il est constant et rapide. Par contre lorsque cela va trop vite c’est vraiment l’enfer. Il arrive parfois que des quantités monstre de fruits se retrouvent sur le sol, dans la pièce où se trouve Alex, ou que des boîtes non rangées ni fermées s’empilent les unes sur les autres, formant des murs infranchissables, du côté des « packers » (ceux qui emballent).
Evidemment notre corps en prend un sacré coup : nous avons le dos et les pieds endoloris à force d’être constamment debout et nos mains sont rêches comme du crépi, entaillées et parfois totalement engourdies dès le saut du lit ! La dernière semaine le ras-le-bol se fait vraiment sentir et nous prenons la décision de ne plus jamais travailler en usine ! Malgré tout l’ambiance de travail est très bonne et nous rencontrons plein de gens venus du monde entier : Malaisiens, Japonais, Argentins, Mexicains, Italiens, Allemands, Anglais, Néozélandais dont certains Maoris, Coréens, Vietnamiens et même des Français (mais nous sommes les plus rares ici comme dans tout le pays). Nous passons ainsi d’excellents moments d’échange et de partage durant nos (courtes) pauses. Le dernier jour, une petite fête s’improvise même sur le parking : à 7h du matin nous discutons tous ensemble, célébrons la fin de notre affreux travail, buvons des bières et certains même s’échange un ballon… de rugby évidemment ! Après une heure, le boss arrive finalement et nous demande de partir car il ne veut pas de « jeunes saouls » sur son parking. Comme nous ne sommes absolument pas saouls cela nous fait beaucoup rire, mais comme nous sommes tous très respectueux nous accédons à sa requête et nous disons tous « adieu » ou « à plus tard » après échange de numéros et emails.
Nous vivons donc un mois intense entre Maketu et Te Puke, et n’avons pas le temps de découvrir de nouveaux lieux. Nos journées de repos sont en fait des nuits donc nous ne pouvons pas trop sortir, mais parfois nous baladons dans Maketu, dont la plage principale est vraiment très belle et paisible. Nous apprécions également nos instants dans le jardin ou sur la terrasse, à contempler la mer de jour ou les étoiles la nuit. Il y a énormément d’étoiles dans le ciel et les shooting stars sont souvent au rendez-vous ! Nous « adoptons » également les deux vaches qui sont dans le champ voisin et au fur et à mesure des jours, à force de leur donner nos épluchures d’oignons et nos kiwis trop murs, elles accourent dès que nous mettons le nez dehors !
Dès la fin du travail nous n’avons qu’une seule envie : nous recaler avec le soleil, aussi après nos dernières 11h de kiwis, nous restons éveillés toute la journée (enfin presque) et dormons jusqu’à 7h du matin le lendemain : c’est un vrai régal de se lever en même temps que le soleil ! Enfin, « soleil » est un bien grand mot puisqu’il se met à pleuvoir justement pour notre premier jour de vacances… Notre fête sur la plage tombe à l’eau et nous restons à la maison. S’en suit 6 jours de pluie non-stop, avec un vent très fort et pendant trois jours les autorités placent le secteur en zone orange à rouge : c’est le déluge ! Nous attendons donc à l’intérieur que les beaux jours reviennent, regardant des films, lisant, avançant sur notre site internet et nous reposant.
Finalement le week-end suivant la pluie cesse et nous sautons sur l’occasion pour faire les touristes ! Un jour à Hobbiton, puis un road trip de plusieurs jours autour de l’East Cape et pour finir une virée sur la pointe du volcan sous-marin White Island. Le temps n’est pas idéal mais nous nous éclatons quand même !
Après neuf semaines nous quittons notre premier chez nous le dimanche 22 juin en fin de matinée et en direction du Nord. Nous sommes heureux à l’idée de continuer notre périple autour de ce beau pays mais partons avec un petit pincement au cœur en regardant une dernière fois notre cottage avec vue sur la mer, où nous avons vécu pleinement et passé d’agréables moments.
Nous pensons maintenant rester à Auckland cet hiver pour tenter de travailler dans nos domaines. Avant cela, deux étapes : Mount Maunganui pour revoir J. et sa famille, puis le Nord du Waikato pour rencontrer celle de K.
Adieu Maketu… On the road again !
Maketu
Maketu est un agréable petit village situé en bord de mer, loin de l’agitation et du bruit de la ville.
Les plages et estuaires de Maketu

Maketu Beach est la plage principale, située à 2,5km du village, Little Waihi Beach se trouve du côté du deuxième estuaire de Maketu et Newdicks Beach est une plage privée, dont l’accès est payant, très populaire pour la pratique du surf.
Maketu possède deux estuaires dont le principal est formé par le fleuve Kaituna. Les deux sont connus pour leur abondance de poissons, huitres, moules et autres mollusques, dont les pipis (nom Maori), blancs à la coquille allongée, qui sont endémiques à la Nouvelle-Zélande. Autant dire qu’ils sont idéaux pour tous les amateurs de pêche. Les oiseaux sont également très présents dans ces estuaires.
Histoire de Maketu
Maketu est une communauté avec deux histoires. L’histoire maorie de Maketu commence avec la venue des premiers habitants d’Aotearoa (Nouvelle-Zélande) il y a environ huit siècles et l’arrivée du waka de la tribu Arawa (canoë) sous le commandement de Tama-te-kapua.
L’histoire partagée des Maoris et des Pakeha (non Maoris) débute il y a près de 250 ans lorsqu’en 1769 l’explorateur anglais, le capitaine James Cook aperçoit Maketu et note cette observation dans son journal de bord. Puis dans le milieu des années 1800 une population européenne s’y établie et devient un carrefour commercial important de la Bay of Plenty. Le plus important des premiers marchands de Maketu est le danois Hans Felk.
Les Pou Wakarei (poteaux sculptés) qui sont érigées aux deux entrées de Maketu racontent l’histoire du peuple Arawa vu à travers les yeux des sculpteurs.
L’actuel quartier commercial du village a été le centre de la communauté dès les premiers jours de la colonisation européenne. Depuis cette époque, le magasin général a toujours occupé à la même place, et aujourd’hui s’y trouvent l’épicerie « Maketu Landing » et l’entreprise « Maketu Pies ».
Le « Maketu’s Fish and Chips » n’a guère changé depuis qu’il a été immortalisé dans une toile de 1975 par l’artiste Dame Robin White, considérée comme l’une des œuvres les plus reconnue de Nouvelle-Zélande. Le restaurant est d’ailleurs lui aussi célèbre dans tout le pays pour ses plats et son poisson frais.
A l’origine, la « Spencer Avenue » est le centre de la colonie européenne de Maketu. Au milieu des années 1880 s’y trouve la Mission de Wharekahu, un poste de police, un tribunal, la résidence du capitaine du port, ainsi qu’une école pour jeunes filles maories, lancée par Mme Ann Chapman, épouse du missionnaire Thomas Chapman, responsable de la création de plusieurs églises en Nouvelle-Zélande.
Juste après l’école se trouve une courte promenade longeant un petit chemin vers le sommet de la colline qui est le pa de Pukemairee. Ce site offre une belle vue sur la côte ce qui lui confère une excellente position défensive. Différentes tribus utilisent cet endroit au cours des siècles et beaucoup de batailles sont menées ici. En 1864, les tribus Arawa et l’Armée britannique partage le site, qui est rebaptisé « Fort Colville ».
Lorsque le canoë Arawa arrive à Maketu, Tama-te-kapua observe la pointe de terre qui s’avance dans la baie et proclame que toutes les terres derrière cette pointe lui appartiennent. Aujourd’hui, le site est connu comme « Okurei » (nom contracté).
Comme de nombreux sites en Nouvelle-Zélande, Okurei reçoit un nom européen lorsque Cook, apercevant la pointe, inscrit le nom de « Town Point » dans son journal.
Au cours des siècles, de nombreux pa ou autres établissements occupent Okurei. S’y trouvent également plusieurs cimetières et le site est tapu, une terre sacrée.
En bas de la route qui part de « Town Point » au centre du village, au pied de la colline, se trouve un grand monument en pierre, le « Maketu Centennial Memorial ». Il est érigé en 1940 afin de célébrer le 100ème anniversaire de la signature du traité de Waitangi.
Derrière le mémorial se trouve l’un des douze canons appartenant à Hans Felk.
Te Puke
Te Puke est une ville de 6400 habitants. Elle nait en 1880 lorsque G. Stewart fait venir un contingent de colons d’Irlande du Nord. Aidé par le climat, l’activité agricole s’y développe fortement. A la fin des années 60, quelques horticulteurs locaux commencent à expérimenter la « Groseille de Chine ». Un marché international se développe alors à partir de ce fruit, rebaptisé kiwi. Pratiquement toute la vie de Te Puke est rythmée sur celle des vergers.
Kiwi 360
Te Puke est la capitale mondiale du kiwi et le site Kiwi360 célèbre cet étonnant fruit néozélandais et la riche culture qui s’y rattache.
En 1904, un modeste maître d’école planta les premières graines de « groseille chinoise » (originaire de la vallée de Yangtze) dans le riche sol néozélandais. Les plantations ont prospéré au-delà de toutes attentes et le kiwi est aujourd’hui l’une des principales exportations de la Nouvelle-Zélande.
Après 50 années de développement, de recherche et d’innovation, la Nouvelle-Zélande a créé un fruit à la forme parfaite, à la fois nutritif et délicieux. Le pays a la réputation d’être pur et vert, tout comme les kiwis cultivés à Te Puke qui sont justement connus comme les meilleurs au monde.
L’exportation commerciale des kiwis cultivés à Te Puke a commencé en 1953, à destination de Londres. Aujourd’hui, 100 millions de cagettes néozélandaises sont envoyées vers 62 pays à travers le monde, dont près de 90% sont originaires de ce territoire grand comme un mouchoir de poche.
Pour les habitants, les récits de cette époque sont les exemples parfaits de l’ingéniosité kiwie et sont une source de fierté.
Il est également dit que le kiwi est le fruit le plus sain qu’on puisse trouver : il a deux fois la quantité de vitamine C d’une orange ainsi qu’une forte teneur en fibres et vitamine E. De plus ceux qui sont cultivés ici ont apparemment des qualités de conservation exceptionnelles : au frais ils peuvent être conservés en bel état pendant 9 mois !
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Galeries photos

Okere Falls

Packhouse

Rotoma Lake

