Lake Ferry & Cape Palliser
Du 09 au 12 décembre 2014
Aujourd’hui, et après une petite heure de route dans la célèbre région viticole de Martinboroug, nous nous installons à Lake Ferry. Ce minuscule village, logé entre l’océan et le lac Onoke, n’a pas tant d’intérêt si ce n’est son cadre reposant et sa proximité avec le Cape Palliser, point le plus au Sud de l’Ile.

Le camping que nous avons réservé n’est absolument pas entretenu et les bâtiments ne sont pas nettoyés correctement aussi nous sommes affreusement déçus d’être tombés ici. De plus, notre deuxième jour sur place est un véritable désastre car il pleut des rideaux de pluie et le vent souffle très fort, ce qui nous force à rester enfermés toute la journée dans la petite cabine vétuste. Et dans ces cas-là, ça cogite… Pour la première fois de notre voyage, nous ne pouvons plus ignorer notre sentiment de découragement (j’aurais pu aussi dire consternation, déception, et encore désenchantement) dont je n’ai pas encore parlé ici. Oui les Kiwis sont des personnes adorables, amicales et avenantes, mais dans le monde du tourisme néozélandais, le grand sourire
cache toujours l’idée que nous sommes de gros pigeons venus se faire plumer et dont on peut profiter comme il se doit puisque très loin de chez eux et contraints d’avoir un « toit ». Nos économies fondent à vue d’œil et nous sommes fatigués de voir notre argent durement gagné disparaitre au creux de mains avares qui ne pensent qu’à s’enrichir sur le dos des voyageurs. Cela dit nous ne sommes pas les plus à plaindre dans ce pays… Pour la première fois depuis presque neuf mois, nous pensons avec envie à notre retour, dans le pays où nous avons nos repères, d’où nous aurons les capacités à consommer (on ne peut y couper) par choix, non pas par résignation et d’où nous pourrons plus facilement agir contre ce qui nous agace. Du moins c’est ce j’espère. Finalement, à 20 000 km, en plein milieu du Pacifique, la société est toujours la même et les merveilleux paysages ne peuvent tout masquer. (Attention ça ne veut pas dire qu’on rentre plus tôt!)
Malgré tout ça, nous essayons de positiver et de profiter tout de même des environs. Pour notre première balade, nous nous rendons au cap Palliser. La route qui longe l’océan turquoise et surplombe la côte sombre déchirée, alterne d’immenses collines sèches complètement désertes et des petits villages de pêcheurs. Le contraste entre le jaune de la terre, le noir de la côte et le bleu de l’océan est magnifique.

Arrivés au bout de la route, nous grimpons les quelques 250 marches qui nous conduisent au phare rayé de rouge et de blanc. Au sommet le vent nous ballote d’un côté à l’autre avec une telle force que nous restons fermement accrochés aux rochers pour ne pas s’envoler. La vue est bien dégagée et nous offre l’océan à perte de vue. Très loin au-delà de la ligne d’horizon, nous pouvons apercevoir certains sommets enneigés de l’Ile du Sud… Dans une semaine nous y sommes !
Nous redescendons ensuite sur le rivage composé de grand rochers bruns aux tailles et formes très diverses. A notre grande joie, nous vivons notre expérience : « ils sont trop beaux ces rochers, viens on avance un peu, mais attends, il bouge celui-là ! ». Certains l’auront déjà compris, nous nous retrouvons nez à nez avec plusieurs otaries se prélassant au soleil, dont la fourrure de même couleur que les rochers les dissimule dans le paysage. Tels des enfants découvrant un nouveau jouet, nous longeons de long en large le rivage puis le promontoire rocheux juste à côté pour nous régaler du spectacle. C’est incroyable de pouvoir les approcher de si près tout en sachant qu’elles sont dans leur habitat naturel. Certaines nagent, d’autres sautent, il y en a qui se chamaillent pour un bout de terre, et nous apercevons même des
adorables bébés qui n’arrivent pas à avancer correctement (il faut dire que même les adultes, surtout les gros, ont beaucoup de mal) et dont la mère toute proche, nous rappelle par un cri menaçant de ne pas nous en approcher trop près. La plupart d’entre-elles sont étalées de tout leur long dans des positions parfois farfelues, en fonction de la morphologie du rocher qui leur sert de couche. De manière générale, et malgré leur cris puissants qui ressemblent à des grognements d’orcs, elles ne sont pas du tout agressives et nous laisse nous approcher jusqu’à 1m lorsqu’elles n’ont pas de bébé à protéger. L’une d’elles nous fait bondir plusieurs fois car dès sa sortie de l’eau elle nous repère et nous approche en sautillant lourdement (encore une fois, en se déplaçant comme elle peut). Après notre frayeur, nous comprenons en fait qu’il s’agit d’une curieuse et nous ne partons plus lorsqu’elle qu’avance vers nous (il ne faudrait pas la vexer non plus). Toutefois, comme nous ne connaissons pas du tout leur force et qu’il s’agit d’animaux sauvages, après plusieurs hésitations je me résigne à ne pas m’approcher pour la caresser.
Cet incroyable après-midi au plus près d’une colonie d’otaries nous aura fait oublier l’affreux camping et nous en sommes heureux.
Pour notre dernier après-midi et après la journée pluvieuse de la veille (où nous sommes restés enfermés dans la minuscule cabine toute la journée) nous n’avons qu’une envie : prendre l’air frais! Nous partons donc en direction des Putangirua Pinnacles, attraction géologique de la région. Experte pour dénicher les lieux uniques, l’équipe de tournage du Seigneur des Anneaux est aussi passée par ici.

Les Putangirua Pinnacles sont situées sur la côte Sud du Wairarapa et sont très originaux d’un point de vue géologique. Pour y accéder, nous parcourons quelques kilomètres dans la réserve forestière d’Aorangi nichée entre Martinboroug au Nord et le Cape Palliser au Sud. Plusieurs sentiers permettent l’accès aux pinacles et nous optons pour celui qui emprunte le lit de la rivière. Dès les premiers mètres, nous pouvons apercevoir des étrangetés géologiques dans le paysage. En effet, à certains endroits du bush se dressent d’immenses colonnes formées par un agglomérat de galets et de petits sédiments, dont les contours ont été désagrégés. Plus nous remontons la petite rivière plus il y a de formations rocheuses et nous finissons par aboutir aux fameux Putangirua Pinnacles, troués de petites grottes et fuselés de fins couloirs naturels. Pour bien se représenter le décor, il suffit de s’imaginer un géant ayant construit des châteaux de « sable » il y a des millénaires, dont le temps, le vent et la pluie en ont effrité les pourtours. Certains ressemblent d’ailleurs à des tours de rempart. Le ciel est encore très couvert mais il ne pleut pas, et nous sommes bien contents de pouvoir profiter de ce spectacle !
Wairarapa District
La région de Wairarapa s’étend à l’Est de Rimutaka et Masterton en est la ville principale.
Les premiers Européens à s’y installer réellement arrivent en 1854. La ville doit son nom à un certain Joseph Masters, fondateur de Wairarapa Small Farm Association. Le développement tardif de la région est dû au barrage que forme la Rimutaka Range à l’Est de Wellington. Une route est ouverte dans les années 1950, suivie par le rail quelques décennies plus tard, un tunnel ayant été creusé à travers la montagne.
Palliser Bay
Le village de Lake Ferry, niché entre le Lake Onoke et les rivages de l’océan, est très populaire pour la pêche.
En longeant le Haurangi Forest Park la route mène au Cape Palliser, promontoire rocheux situé sur la côte et point le plus au sud de l’Ile du Nord.
Il est nommé par James Cook en l’honneur de son « cher ami » et ancien officier supérieur, l’amiral de la Royal Navy Sir Hugh Palliser.
Le cap est connu pour son phare et pour les otaries qui trouvent refuge sur ses côtes.
La région est naturelle et intacte et offre de beaux couchers de soleil.
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Galeries photos



Commentaires
belle description; j’imagine bien les lieux spécifiques et partage votre enthousiasme.et dans le tourisme y’a des loufiats partout; faudra les signaler aux futurs voyageurs. bisous
Merci; Maintenant les photos sont là pour accompagner la description;-) Pour les professionnels du tourisme c’est indéniable, mais en NZ l’économie est basée sur l’agriculture/l’élevage et sur le tourisme, ce qui apparemment autorise les abus…Et pas de soucis pour les autres voyageurs : j’envoie des commentaires à chaque fois!
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